Washington promet le retrait des troupes américaines d’Afghanistan d’ici le 11 septembre

Les États-Unis ont annoncé ce mardi le retrait intégral des troupes américaines d’Afghanistan avant le 11 septembre prochain, date du vingtième anniversaire des attentats. Les rebelles afghans ont récemment mis en garde Washington contre tout dépassement de la date du 1er mai, menaçant de riposter par la force.

Le président américain avait prévenu qu’il serait « difficile » de respecter la date-butoir du 1er mai pour le retrait des troupes dans un accord conclu par son prédécesseur Donald Trump avec les talibans. Sa décision de repousser de quatre mois le départ coïncide avec l’annonce de la tenue d’une conférence de paix « de haut niveau » sur l’Afghanistan co-organisée à Istanbul par la Turquie, le Qatar et l’ONU.

Joe Biden s’exprimera mercredi sur le retrait de ses troupes, notamment son plan et son calendrier, a annoncé ce mardi la Maison Blanche. Les troupes américaines partiront « sans conditions » d’ici le 11 septembre 2021, a annoncé peu avant un responsable américain. « Nous allons entamer un retrait ordonné des forces restantes avant le 1er mai et prévoyons d’avoir sorti toutes les troupes américaines du pays avant le 20e anniversaire du 11-Septembre », a-t-il déclaré, assurant que ce départ serait « coordonné » et simultané avec celui des autres forces de l’Otan.

« Nous avons dit aux talibans, sans la moindre ambiguïté, que nous répondrons avec force à toute attaque contre les soldats américains pendant que nous procédons à un retrait ordonné et sûr », a ajouté ce responsable.

L’annonce de ce retrait intervient alors que les craintes d’une victoire des talibans s’accroissent. Malgré l’accord américano-taliban de 2020, la violence reste très élevée sur le terrain entre les insurgés et les forces afghanes. Dans une lettre au président afghan Ashraf Ghani, Antony Blinken a récemment prévenu qu’un retrait américain pourrait entraîner « des gains territoriaux rapides » de la part des talibans.

Encore 2 500 soldats américains en Afghanistan
Les États-Unis sont intervenus en Afghanistan dans la foulée des attentats contre les tours jumelles de New York et le Pentagone. Ils ont chassé du pouvoir à Kaboul les talibans accusés d’avoir accueilli le groupe jihadiste al-Qaïda responsable des attentats, mais se sont ensuite enlisés.

Au plus fort de leur présence, quelque 100 000 soldats américains étaient déployés dans le pays en 2010-2011. L’ex-président Barack Obama avait ramené ces effectifs à 8 400 hommes, puis son successeur Donald Trump avait envoyé des renforts, pour les porter à 14 000 en 2017. Mais il a ensuite bien engagé le retrait progressif : il ne reste plus que 2 500 soldats américains en Afghanistan.

Pour mettre fin à la plus longue guerre des États-Unis, qui a tué plus de 2 000 soldats américains, l’administration Trump avait en effet conclu en février 2020 à Doha, au Qatar, un accord historique avec les talibans Il prévoyait le retrait de toutes les forces américaines et étrangères avant le 1er mai prochain, à condition que les insurgés empêchent à l’avenir à tout groupe terroriste d’opérer depuis les territoires afghans qu’ils contrôlent.

Conférence de paix « de haut niveau »
Les pourparlers de paix directs entre les talibans et le gouvernement piétinent depuis leur ouverture en septembre 2020. Ce mardi, Ankara a annoncé une conférence de paix sur l’Afghanistan proposée par Washington pour les relancer. Les discussions devraient se tenir à Istanbul entre le 24 avril et le 4 mai en présence de représentants du gouvernement afghan et des talibans. « La Turquie, le Qatar et l’ONU vont co-organiser une conférence inclusive de haut niveau à Istanbul entre représentants de la République islamique d’Afghanistan et des talibans », a indiqué le ministère turc des Affaires étrangères.

Si Joe Biden avait évoqué pendant la campagne pour la présidentielle de novembre la possibilité de maintenir un petit contingent contre-terroriste en Afghanistan, il n’en est finalement plus question. Les forces contre-terroristes seront redéployées en dehors du pays et la seule présence militaire américaine sur place après le 11 septembre sera vouée à la protection des diplomates des États-Unis.

Source: AFP

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