Sommet de l’UE: face à la Pologne, les Européens entre dialogue et fermeté

Le bras de fer entre la Pologne et l’Union européenne s’est invité au menu des discussions ce jeudi à Bruxelles, à l’occasion du sommet des dirigeants de l’UE. L’enjeu, c’est la primauté de droit européen sur le droit national, contestée par la Pologne, ce qui met en cause les fondements mêmes de l’UE aux yeux de nombreux dirigeants européens. Des dirigeants divisés sur la stratégie à adopter face à Varsovie, entre fermeté et volonté de dialogue.

La contestation par le tribunal constitutionnel polonais de la primauté du droit européen est très grave pour l’Union, le constat est partagé par la quasi-totalité des États de l’UE, mis à part la Hongrie qui soutient la Pologne contre vents et marées. Cette quasi-unanimité est vue comme un premier résultat positif par les Européens qui estiment avoir fait comprendre au Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki que son pays était sur une pente glissante, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.

Les déclarations les plus fermes à l’encontre de Varsovie, au début de ce sommet européen, sont venues sans surprise du Premier ministre néerlandais. Mark Rutte comme à son habitude se montre intransigeant face à la Pologne. « L’indépendance du système judiciaire polonais est une question clé, la Pologne doit prendre les mesures nécessaires. C’est non négociable », a-t-il déclaré à son arrivée à Bruxelles.

Plusieurs dirigeants européens se montrent tout aussi préoccupés de la crise qui s’est ouverte avec la Pologne, mais certains parmi les 27 espèrent ne pas en arriver à des sanctions juridiques à l’encontre de Varsovie. C’est le cas de l’Allemagne et de sa chancelière, Angela Merkel, qui a réaffirmé à son arrivée à Bruxelles son intention de maintenir le dialogue ouvert avec Varsovie.

Appel au dialogue de la France
La France refuse, elle aussi, de claquer la porte au nez des dirigeants polonais. Selon l’Élysée, lors d’une rencontre en tête-à-tête avec le Premier ministre polonais, Emmanuel Macron a lancé un appel au dialogue pour trouver une solution « compatible avec nos principes et nos règles communes ».

Rien de concret n’a été obtenu mais le Premier ministre Belge Alexander De Croo ne s’attendait pas à une solution miracle. « Je ne pense pas que c’était un dialogue de sourds. Clairement, c’était utile d’avoir cette discussion, juste pour comprendre pour combien de pays c’est un point qui est important et qui finalement parle de la confiance dans le système européen.» Pour la plupart des gouvernements, la Commission européenne est dans son rôle lorsqu’elle suspend les premiers versements du plan de relance pour la Pologne et la menace de sanctions financières supplémentaires.

Source: RFI

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