La malbouffe cause plus de maladies que tabac, alcool et sexe réunis

L’organisation d’experts britannique Global Panel, qui étudie les enjeux liés aux ressources alimentaires et à la nutrition, publie un rapport détonnant.

En 2050, il y aura deux milliards d’humains en plus sur terre. La production alimentaire devra supporter cette augmentation, encore faudra-t-il qu’elle soit de qualité pour ne pas entraîner des conséquences sanitaires désastreuses.

La malnutrition principale cause de maladie.
Le rapport du Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition est assez alarmant en ce qui concerne les effets de la malnutrition. Si ce rapport sensibilise aux enjeux liés aux problèmes d’insuffisance alimentaire, il met également en garde les pays développés ou en voie de développement contre la malbouffe.

Cette étude montre précisément que le nombre de maladies liées à une mauvaise alimentation sera plus important que le nombre de maladies liées au tabac, à l’alcool et aux rapports sexuels non protégés réunis. En cause, le développement de maladies comme le diabète, l’hypertension artérielle, la malnutrition infantile, l’hyperglycémie, le surpoids et le cholestérol. Ils indiquent également que toutes ces maladies auront des conséquences importantes sur l’économie même, c’est pourquoi ils appellent à une réaction étatique semblable à celle mise en œuvre pour le tabac ou le VIH. En 2050, 3 milliards de personnes seront atteintes de surpoids ou d’obésité, selon un rapport du 23 septembre publié par la FAO (service de l’ONU : Food and Agriculture Organization).

Des pays confrontés aux deux phénomènes de malnutrition
S’il y a toujours de nombreuses personnes affectées par la sous-alimentation (800 millions environ) et que cette dernière reste la principale cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans, la sous-alimentation n’est pas seulement liée au manque alimentaire. Les experts pointent du doigt la qualité de cette alimentation, le rapport montre que si l’apport calorique est nécessaire pour ne pas être sous-alimenté, il doit aussi être de qualité pour ne pas entraîner d’autres maladies liées à la malnutrition. C’est-à-dire apporter les différents éléments nécessaires à une bonne alimentation, et pas seulement le nombre de calories suffisant. Dans les pays moins développés ou en voie de développement, certains seront confrontés à la fois aux problèmes de la sous-nutrition et aux problèmes liés au surpoids.

Certains pays africains ou asiatiques seront touchés par les deux phénomènes. Au Nigeria et en Éthiopie, on estime que le nombre de personnes atteintes du diabète doublera d’ici à 2030. Alors que certaines parties de la population seront toujours sous-alimentées. Cela est notamment dû, selon le rapport, au développement des villes et d’une alimentation industrialisée.

Plus de 50 % de la population française en surpoids d’ici à 2030
D’après la conférence de l’OMS à Prague en mai 2015, l’Europe risque d’être particulièrement touchée par le surpoids d’ici à 2030. Certains pays atteindront des taux d’obésité critique, presque la moitié de la population de l’Islande sera touchée, un tiers du Royaume-Uni. La France ne sera pas à l’écart de cette augmentation, puisqu’un quart de la population sera obèse et plus de la moitié en surpoids.

Les séducteurs(-rices) français(-es) auront peut-être ainsi du mal à préserver la réputation des « French lovers », mais surtout cela risque d’entraîner pour le pays d’importants problèmes sanitaires. Le « poids » économique des effets de la malbouffe représente actuellement 20 milliards par an pour la santé (pour le tabac 26 milliards, pour l’alcool 15 milliards), ce budget progressera nécessairement avec l’augmentation des personnes en surpoids.

Si une initiative a été prise par le ministère de la Santé pour clarifier les contenances nutritionnelles des produits transformés, celle-ci fait face au puissant lobby des industriels. Ils craignent la mise en place du code couleur proposé par le professeur Hercberg. Cinq couleurs qui permettraient de détecter rapidement les produits les moins équilibrés pour notre alimentation, mais il est jugé trop discriminatoire par ces derniers.

Source: Le Point

Pin It on Pinterest