Kazakhstan: les autorités tentent par tous les moyens de justifier leur opération anti-terroriste

Près de 8 000 personnes ont été arrêtées suite à une semaine d’émeutes marquées par une répression implacable au Kazakhstan. Le gouvernement a annoncé que ces émeutes avaient fait plus d’une dizaine de morts et des milliers de blessés. Les autorités ont lancé une large opération anti-terroriste. Des aveux font surface, et les militants des droits de l’homme s’interrogent sur la véracité de ces témoignages.
La vidéo d’un musicien originaire du Kirghizistan, le visage couvert de bleus et visiblement battu, a fait surface sur les réseaux sociaux. Il y avoue avoir été payé l’équivalent de 200 dollars pour prendre part aux émeutes dans la grande ville d’Almaty.

Pour le militant des droits de l’homme kazakhstanais Daniyar Khassenov, joint par Cléa Broadhurst du service international, ce témoignage montre à quel point les autorités tentent par tous les moyens de justifier leur large opération anti-terroriste : « Ils ont annoncé que 20 000 terroristes étaient arrivés au Kazakhstan pour créer le chaos, donc maintenant ils doivent prouver au monde entier que c’est le cas. Ils ont montré cette vidéo du musicien, qui, je pense, a été détenu et torturé, et qui a été obligé de faire de faux aveux. Ce qu’il a fait. On peut voir sur ces images qu’il a été sévèrement battu.

Sauf que ce lundi, après la réaction des autorités Kirghizes, il a été relâché. Mais comment relâche-t-on quelqu’un qui dit avoir participé aux émeutes ? Ne faut-il pas qu’il y ait une enquête avant de le relâcher ? Ils se discréditent tout seuls. »

Selon Daniyar Khassenov, les autorités kazakhstanaises se précipitent pour avancer des preuves car elles savent qu’elles pourraient subir des conséquences, telles que des sanctions économiques et politiques.

Source: RFI

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