Faut-il être beau pour réussir?

Les gens « bien de leur personne » gagnent en moyenne plus que les autres. Le département de Seine-Saint-Denis prend le problème à bras le corps et forme ses recruteurs pour lutter contre les discriminations.
L’apparence serait un accélérateur de réussite: selon plusieurs études, la beauté augmente les chances d’être recruté, et favorise aussi les évolutions de salaire. “Les relations avec les collègues vont être meilleures, les chefs vont être bienveillants, explique à BFMTV Jean-François Amadieu, professeur à l’université Paris 1, auteur de La société du paraître. L’effet beauté, c’est qu’on va se faire apprécier de tout le monde”.

Les gens beaux gagneraient entre 15 et 20% de plus que les autres. Au point que pour lutter contre les discriminations au physique, le département de la Seine-Saint-Denis encourage ses chargés de recrutement à se baser uniquement sur les compétences.

« On forme nos recruteurs sur justement il n’y a pas de lien entre les deux (la compétence et l’apparence, ndlr). On a l’ambition de mettre en place un plan d’action sur l’apparence, notamment sur la ‘grossophobie’ (peur des personnes obèses, ndlr) qui peut jouer avec l’idée qu’il peut y avoir un lien avec l’état de santé », explique Claire Sorrentini, directrice générale du pôle RH du département.

Le critère de l’apparence physique prohibé en France
Sur le site du département, divers types de discrimination sont recensés. Ainsi celles liées au sexe, au genre, à « l’appartenance ou non appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation ou une prétendue race », au handicap, au patronyme…. Pour ce qui concerne l’apparence physique, classée dans « les critères relevant de la seule législation française ».

La jurisprudence, établie par la décision MLD-2014-147 du 3 novembre 2014 « relative à des procédures de recrutement discriminatoires en lien avec l’apparence physique des candidats » du défenseur des droits, est rappelée. En l’espèce le défenseur des droits s’était saisi d’office, « suite à la parution de plusieurs articles de presse, afin d’enquêter et d’expertiser le processus de recrutement mis en place au sein d’une société, dont l’activité est la vente de vêtements, présumé discriminatoire en raison de l’apparence physique des candidats. » Il s’agissait en l’espèce de la marque de prêt-à-porter américaine Abercrombie & Fitch, dont les pratiques de recrutement lui avaient valu de nombreuses critiques.

Source: BFMTV

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