Etats-Unis: Trump condamne tardivement les «groupes haineux» de Charlottesville

Après 48 heures de flou, Donald Trump a fini par condamner expréssement « les violences racistes » qui ont fait un mort et une vingtaine de blessés à Charlottesville samedi 12 août. Malgré la brutalité qui a entouré une manifestation interdite de néonazis et de suprémacistes blancs, Donald Trump s’était contenté dans un premier temps de dénoncer la violence issue « de nombreuses factions », sans plus de précision.

Lors de ses premières réactions aux violences de Charlottesville, notamment sur Twitter, Donald Trump a mis dans le même sac groupuscules d’extrême droite et contre-manifestants. Des propos qui ont suscité une vive polémique, d’autant que c’est bien une militante antifasciste qui a été tuée par un jeune proche de groupe néonazi.

Il aura fallu près de 48 heures à Donald Trump pour rectifier personnellement le tir après sa déclaration ambiguë du samedi 12 août. Ce lundi, le président américain a enfin utilisé des mots qu’on attendait plus tôt, qualifiant le Ku Klux Klan, les néonazis, les suprémacistes blancs et autres de « groupes haineux répugnants » qui sont des « criminels et des voyous ».

Il a assuré que les groupes d’extrême droite impliqués devraient rendre des compte et annoncé le lancement d’une enquête fédérale pour crime de haine par le ministère de la Justice.

« Tous ceux qui ont agi de façon criminelle durant les violences racistes de ce week-end devront répondre de leurs actes. Justice sera rendue, a-t-il assuré. Comme je le disais samedi : nous condamnons fermement cette exibition monstrueuse de haine, de fanatisme et de violence pour lesquelles il n’y a pas de place aux Etats-Unis. Peu importe la couleur de notre peau, nous vivons tous sous les mêmes lois, nous saluons tous le même drapeau magnifique. Nous devons nous aimer, nous montrer de l’affection et nous unir pour condamner la haine, le fanatisme et la violence. Nous devons redécouvrir les liens de l’amour et de la loyauté qui nous unissent en tant qu’Américains. Le racisme c’est le mal. Et ceux qui recourent à la violence en son nom sont des criminels et des voyous, y compris le Ku Klux Klan, les néonazis, les suprémacistes blancs et d’autres groupes haineux qui sont à l’opposé de tout ce qui nous est cher en tant qu’Américains. »

Déclaration brève et préparée

Reste que cette déclaration était assez brève et surtout soigneusement préparée. Le président américain n’a ainsi pas pris de questions de la presse après s’être exprimé. Il n’est donc absolument pas certain que la réaction tardive de Donald Trump suffise à éteindre rapidement la polémique.

A l’inverse, elle risque de frustrer les groupuscules identitaires. Plusieurs de leurs représentants s’étaient félicités de l’indulgence de Trump à leur égard et leur déception pourrait être d’autant plus grande. En ne prenant pas de position ferme dès le début, Trump se retrouve donc aujourd’hui assailli de critiques de toutes parts.

Pour Françoise Costes, maître de conférence à l’université de Toulouse et spécialiste des Etats-Unis, il ne s’agit que d’un revirement de façade.

« Cette déclaration c’est pour faire plaisir aux élites et à la presse bien-pensante. Les vrais fans de Trump se rendent bien compte que ce n’est pas sincère. »
François Costes
Maître de conférence à l’université de Toulouse et spécialiste des Etats-Unis.

Source: RFI

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