Droit à l’image des sportifs: un retour attendu pour booster le foot français

C’est une semaine très importante qui débute pour le football français. Le gouvernement pourrait signer le décret rétablissant le droit à l’image des sportifs comme une rémunération à part entière. Un cadeau fiscal pour les clubs, et des championnats plus attractifs.

Comment attirer les meilleurs joueurs du monde ? La question taraude la Ligue 1 depuis de nombreuses années, jalouse des effectifs étoilés des plus grands clubs européens. Pour renforcer l’attractivité du championnat français, une loi a été votée à l’unanimité en février dernier. Elle vise à préserver l’éthique du sport, à renforcer la régulation et la transparence du sport professionnel et à améliorer la compétitivité des clubs. Sauf qu’avec le changement de majorité, le décret se fait attendre. « C’est fondamental que ce décret soit validé », explique Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique Lyonnais (OL). « Car il permet de résoudre l’un des sujets sur la concurrence » (avec le PSG et d’autres clubs européens).

Boulet au pied

Parmi les points clé de la loi Braillard (du nom de l’ancien ministre des Sports) : le retour du droit à l’image collective des sportifs, disparu il y a quelques années. L’idée est que les sportifs ne jouent pas seulement au ballon, ils sont aussi des marques, des têtes de gondole, comme des artistes. Une image qui profite aussi à leur employeur : le club. Les stars font vendre des maillots par exemple. L’objectif est donc de dissocier leur salaire classique de joueur (un salaire fixe), de leur droit à l’image qui, lui, n’est pas soumis aux cotisations sociales. « Ça permettrait aux clubs d’économiser des charges patronales. Et aux joueurs des charges sociales », explique Etienne Moatti, journaliste à l’Equipe en charge de l’économie du sport et consultant sur RFI dans l’émission Radio Foot Internationale.

En France, quand un club verse un salaire, il doit payer à peu près autant sous forme de charges. En Angleterre, en Espagne, en Italie, c’est la moitié voire le quart. Avec la mise en place de cette redevance pour payer le droit à l’image, ce sont des dizaines de millions d’euros qui seraient économisés, et un marché des transferts chamboulé. « La France a un boulet au pied. Cette possibilité d’utiliser les droits à l’image pour une partie de la rémunération de certains joueurs (ceux qui ont une valeur commerciale) peut permettre de conserver des joueurs qui partiraient plutôt en Angleterre ou ailleurs, et éventuellement de faire venir des joueurs de l’étranger, comme Neymar », poursuit Etienne Moatti.

Un bonus pour les stars, mais tous les joueurs seront-ils gagnants ?

Philippe Piat, qui préside à la fois l’UNFP (le syndicat des footballeurs français) et la FIFPro, son équivalent mondial, n’est pas opposé à ce changement majeur mais précise y avoir mis « une condition préalable ». Que cette disposition s’applique après quatre fois le plafond de la sécurité sociale. « Pour protéger les joueurs ». Philippe Piat rappelle que « le législateur a prévu qu’il fallait absolument l’accord des représentants des sportifs. »

En attendant le décret, ceux qui le défendent avancent plusieurs autres arguments. Plus de stars, c’est globalement davantage de rentrées fiscales. Deuxièmement: le fisc aura théoriquement moins à faire la chasse à ces salaires déguisés, parfois versés via des sociétés à l’étranger (on se souvient des football leaks). Enfin : un club pourra éventuellement sanctionner financièrement un joueur dont le comportement laisse à désirer et qui porterait donc aussi atteinte à l’image de son employeur.

Source: RFI

Pin It on Pinterest