Dopage: une enquête ouverte sur Justin Gatlin

Le quotidien britannique The Telegraph ravive le spectre du dopage sur l’athlétisme américain et le champion du monde Justin Gatlin, épinglé à deux reprises dans sa carrière. Un entraîneur et un agent du sprinteur ont proposé des produits dopants à des journalistes. Les autorités antidopage (AIU, USADA) ouvrent une enquête.
Alors que les plus hautes instances du monde du sport poursuivent leurs investigations sur le dopage institutionnalisé en Russie, un autre dossier brûlant vient de (re)voir le jour. Un célèbre athlète est concerné: le controversé Justin Gatlin, champion du monde du 100m l’été dernier, et attrapé deux fois par la patrouille dans sa carrière pour prise de produits dopants. The Telegraph, le quotidien britannique, a dévoilé les dessous de son enquête.

« Vous pensez que Justin n’en prend pas? Tout le monde le fait »
Des journalistes ont infiltré le camp d’entraînement de Justin Gatlin en Floride. Ils se sont présentés comme des producteurs venus chercher des conseils pour un acteur devant jouer le rôle d’un sportif et ayant donc besoin de prendre de la masse musculaire rapidement. Dennis Mitchell, l’entraîneur de Gatlin, et Robert Wagner, l’un de ses agents, se sont laissés aller à quelques confessions, enregistrées en caméra cachée.

Ils ont proposé aux « journalistes-producteurs » de leur fournir de la testostérone et des hormones de croissance par le biais d’un docteur en Autriche. Coût total de ces produits interdits aux Etats-Unis: 250 000 dollars. Wagner aurait prétendu que ces produits sont très répandus et qu’il est facile de passer entre les mailles du filets lors des contrôles antidopage. « C’est ça, l’athlétisme. (…) Vous pensez que Justin n’en prend pas? Vous pensez que Dennis Mitchell n’en prenait pas? Tout le monde le fait », aurait-il déclaré, toujours en caméra cachée.

Gatlin dément tout, l’agent tente de se défendre
Justin Gatlin, 35 ans, n’a pas tardé à réagir. Lundi, le sprinter a nié toutes ces accusations. Dennis Mitchell – lui-même contrôlé positif à la fin des années 1990 – a été limogé et Renaldo Nehemiah, agent qui travaille avec Gatlin depuis 14 ans, a affirmé que Robert Wagner n’avait représenté le champion du monde qu’à quelques reprises. Wagner traîne une réputation peu flatteuse. Il a notamment collaboré avec le Canadien Ben Johnson, convaincu de dopage après ses prouesses lors des JO 1988.

Après les premières révélations du Telegraph, Wagner s’est défendu. Il a notamment prétendu qu’il savait qu’il parlait à des journalistes et qu’il jouait la comédie. L’agent a aussi assuré qu’il ne sait rien des pratiques de Justin Gatlin et qu’il n’est de toute façon pas son agent officiel. La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a ouvert une enquête via sa structure Unité pour l’intégrité de l’athlétisme (AIU). « Ces allégations sont extrêmement graves et je sais que l’AIU enquêtera conformément à son mandat », a déclaré Sebastian Coe, président de l’IAAF. L’USADA, agence antidopage américaine, collabore également.

Cette affaire fait d’ores et déjà à nouveau du tort à l’athlétisme. Après quatre années de suspension consécutives à son deuxième contrôle positif en 2006 (le premier remonte à 2001), l’Américain avait repris le cours de sa carrière, sans échapper pour autant aux critiques. Dopé repenti, Gatlin s’est illustré lors des derniers championnats du monde, où il a détrôné la légende Usain Bolt sur 100 mètres, malgré les sifflets.

Source: BFMTV

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