Coronavirus en Chine: la ville de Wuhan isolée du reste du monde

La ville chinoise de Wuhan est désormais coupée du monde. Plus aucun train ni aucun avion ne circulent au départ et à l’arrivée de cette ville de 11 millions d’habitants où est apparu en décembre dernier un nouveau coronavirus qui a depuis touché plusieurs pays de la région mais aussi les Etats-Unis. A ce jour 17 personnes sont mortes et plus de 500 cas ont été recensés en Chine.

A Wuhan, l’angoisse monte du côté des populations comme le rapporte notre envoyé spécial à Wuhan, Stéphane Lagarde. « Bien sûr que j’ai peur. Vous avez de la fièvre et après vous ne pouvez plus respirer !, nous explique un jeune homme.

De la fièvre, des problèmes respiratoires, comme tous les Wuhanais, cet étudiant connait par cœur les symptômes de cette mystérieuse maladie des poumons apparue voici un mois dans son quartier de Hankou, et désormais associée à un autre virus : celui de la peur qui depuis quelques jours ronge les cœurs et mine les esprits.

Les transports publics sont à l’arrêt et les festivités du Nouvel An ont été annulées. La mairie a aussi imposé le port du masque respiratoire. Les cafés, les hôtels, les boutiques de Wuhan située à la confluence de la rivière Han et du fleuve Yangstzé sont vides. Et les vacances de la fête du printemps ne sont pas les seules responsables.

A la patinoire du dragon installée au cœur d’un centre commercial, une fillette tourne seule sur la glace. « Les choses sont devenues plus sérieuses ici à Hankou, nous raconte Cheerwin 23 ans. Depuis quelques jours, les parents n’envoient plus leurs enfants. Ils pensent qu‘ils pourraient attraper le virus. Pour l’instant, moi je n’ai pas peur. Je me dis que si les enfants viennent à la patinoire, c’est qu’ils sont en bonne santé. donc il n’y a pas de quoi s’inquiéter. »

Entouré par des barrières rouges et surveillé en permanence, le marché aux fruits de mer de Hankou est totalement isolé depuis l’apparition de l’épidémie. Et depuis cette semaine les autres marchés agricole de Wuhan ont été fermés. Et c’est désormais toute la mégalopole de Wuhan et ses 11 millions d’habitants qui se retrouvent confinés.

Ce que l’on sait du virus apparu en Chine

►Le nouveau virus chinois est proche du Sras. De la famille des coronavirus, il provoque des symptômes grippaux chez les personnes infectées, pouvant aller jusqu’à des syndromes respiratoires sévères. La première alerte a été reçue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 31 décembre 2019. Les autorités chinoises préviennent alors de l’émergence d’une série de cas de pneumonies d’origine inconnue dans la métropole de Wuhan -11 millions d’habitants. Le virus est repéré dans un marché de gros de fruits de mer et de poissons.

►Ces pneumonies sont dues à un nouveau coronavirus [famille de virus], selon les premières analyses de séquençage du virus conduites par des équipes chinoises, annoncent le 9 janvier l’OMS et Pékin.

►Une rapide évolution : le 11 janvier, les autorités sanitaires chinoises font état d’un premier décès parmi les patients atteints. Un premier cas d’infection en dehors de la Chine, en Thaïlande, est signalé le 13 janvier par l’OMS. Des cas sont ensuite rapportés ailleurs en Asie, au Japon, en Corée du Sud et à Taïwan. Un premier cas suspect est annoncé aux États-Unis.

►Le 20 janvier, un expert chinois, Zhong Nanshana, confirme que la maladie se transmet entre humains. Près de la moitié des provinces chinoises sont touchées, y compris des mégapoles comme Pékin au nord, Shanghai à l’est et Shenzhen au sud. Le lendemain, le 21 janvier, l’Université de Hong Kong évalue à plus de 1 340 le nombre probable de cas à Wuhan, chiffre s’approchant des 1 700 cas estimés par des experts britanniques le 17.

►Le 22 janvier, les autorités chinoises avertissent que le nouveau coronavirus, qui se transmet par les voies respiratoires, « pourrait muter et se propager plus facilement ». Elles font état de 17 morts et de plus de 500 cas recensés.

►Les autorités chinoises annoncent que les trains et les avions au départ de Wuhan seront suspendus à partir de ce jeudi. À Genève, un comité ad hoc de l’OMS se réunit pour déterminer si le virus constitue une « urgence internationale », mais les discussions sont prolongées d’une journée pour parvenir à une décision.

Source: RFI

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