Brexit: l’UE prête à déverrouiller les négociations pour un accord commercial

Le Conseil européen se réunit jeudi 14 et vendredi 15 décembre à Bruxelles pour aborder la réforme de la zone euro, la politique migratoire de l’UE et le Brexit. Les négociations de dernière minute entre Theresa May et les responsables européens ont abouti en fin de semaine dernière à un accord sur les conditions du divorce avec le Royaume-Uni. Cet accord, qui doit être validé par les 27, doit permettre d’ouvrir prochainement une deuxième phase de négociations sur les contours de la future relation.

Les 27 devraient constater que des « progrès suffisants » ont été réalisés sur les trois dossiers prioritaires du Brexit : les droits des expatriés, le reste à payer et le sort de la frontière irlandaise. Les responsables européens en avaient fait un préalable à toute discussion sur un accord commercial.

Cette phase avalisée, les participants devraient décider à Bruxelles de l’ouverture de la délicate deuxième étape : sur la future relation commerciale. « Le Royaume-Uni doit dire clairement ce qu’il veut », a insisté mardi le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier. Le gouvernement de Theresa May n’a encore donné aucune indication sur le type de partenariat qu’il souhaite nouer avec l’UE après le Brexit. Il faut dire qu’au sein même du cabinet britannique, les points de vue divergent.

« Il y a d’un côté les sceptiques, qui supportent un accord comme celui entre le Canada et l’Union européenne, autrement dit, un accord limité sur le commerce pour les marchandises, mais pas pour les industries services. Tandis que d’autres dans le gouvernement britannique ont plus d’ambition, ils veulent un accord qui laisse l’Angleterre dans le marché unique, explique Charles Grant, directeur du Center for European Reform de Londres. Michel Barnier et l’UE ont dit aux Britanniques : si vous ne voulez pas accepter la libre circulation des personnes, qui est la position anglaise, vous ne pouvez pas rester au sein du marché unique, c’est comme pour le Canada ou rien. »

Le Conseil européen veut remettre les points sur les « i »

Prudents, les 27 vont transmettre à l’équipe de négociateurs pour consigne que le Royaume-Uni honore avant tout ses engagements. En dépit de l’optimisme affiché, des zones d’ombres persistent. Sur la question irlandaise, les promesses de ne pas rétablir de frontières entre les deux Irlande pour satisfaire Dublin, et entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne pour satisfaire les unionistes, semblent en contradiction avec la décision de sortir du marché unique.

Enfin, les 27 profiteront de ce Conseil pour remettre les points sur les « i » après les commentaires du ministre britannique chargé de la sortie de l’UE, David Davis, pour lequel les engagements pris par Londres sur les modalités du divorce ne seraient qu’une « déclaration d’intention ».

Source: RFI

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