Attentat du Nouvel An à Istanbul: 57 personnes, dont deux Français, jugées

C’est un procès hors norme qui s’ouvre, lundi 11 décembre, en Turquie : celui de l’attentat sanglant perpétré la nuit du Nouvel An 2017 dans une boîte de nuit d’Istanbul. 39 personnes, dont une Franco-Tunisienne, avaient trouvé la mort sous les balles d’un combattant ouzbek de l’organisation Etat islamique, Abdulkadir Masharipov. 57 personnes de 9 nationalités différentes, dont deux Français, seront jugées à partir de ce lundi.

Pour des raisons de sécurité, Abdulkadir Masharipov et ses coaccusés comparaissent à Silivri, dans le complexe pénitentiaire d’une lointaine banlieue d’Istanbul où ils sont détenus depuis dix mois. Leur procès, qui se tiendra toute la semaine, est très suivi en Turquie.

La fusillade du club Reina, où 39 personnes venues fêter le Nouvel An – des étrangers, pour la plupart – avaient été tuées et 79 autres blessées, reste à ce jour le seul attentat sur le sol turc revendiqué par Daech, alors que les autorités attribuent au groupe terroriste une vingtaine d’autres attaques depuis 2014.

Le principal suspect, Abdulkadir Masharipov, est un ressortissant ouzbek né en 1983. Après deux semaines de traque et presque un mois de garde à vue, il avait reconnu les faits et son allégeance à l’organisation Etat islamique, confirmant l’existence d’une cellule originaire d’Asie centrale très active en Turquie.

Prison à perpétuité

Abdulkadir Masharipov risque la prison à perpétuité, comme tous les autres accusés. Parmi eux, deux Français figurent parmi les 57 personnes qui vont être jugées. Le premier, Abdurrauf Sert, est un Franco-Turc de 22 ans, originaire de Lyon. La seconde, Tene Traore, une Franco-Sénégalaise de 24 ans, est mariée religieusement avec le tueur présumé.

La jeune femme radicalisée va comparaître à ses côtés pour complicité. Le couple se serait entraîné au combat dans les zones pakistano-afghanes en 2014. Le Franco-Turc Abdurrauf Sert, quant à lui, serait le co-organisateur de l’attaque qui a fait 39 morts. Il est soupçonné entre autres d’avoir fourni des appartements utilisés par le terroriste et d’autres membres de la cellule.

Me Samia Maktouf représente la famille de la Française Senda Naka et de son mari tunisien, tous deux morts dans l’attentat. Elle attend du procès qu’il fasse la lumière sur les ramifications internationales de cette cellule terroriste, et notamment sur ses relais français. Car s’il a quitté la France en 2009, Abdurrauf Sert serait en effet repassé dans la région lyonnaise courant 2016, quelques mois avant l’attentat de la discothèque Reina.

Source: RFI

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