Athlétisme – Mondiaux 2017 : van Niekerk, la nouvelle mascotte

Usain Bolt sur le départ, le Sud-Africain Wayde van Niekerk a tout pour devenir la figure de l’athlétisme mondial pour les années à venir. Présentation.

C’est un vide immense, tant médiatique que sportif, que s’apprête à laisser Usain Bolt au terme de ces Mondiaux 2017. La tournée d’adieux du Jamaïquain bientôt terminée, l’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme) verrait forcément d’un très bon œil l’avènement d’une nouvelle personnalité forte pour continuer de générer l’attention du public, des médias et des partenaires à l’heure où les scandales de dopage font encore et toujours l’actualité. Il se pourrait bien que cet homme soit Wayde van Niekerk. Le Sud-Africain de 25 ans semble avoir les clés en main pour incarner la discipline dans les années à venir et pour cause, ses performances affolent les compteurs depuis deux ans.
De perf et perf

Le grand public n’a pourtant que récemment eu connaissance du phénomène van Niekerk. Pour beaucoup, le sprinter a crevé l’écran l’été dernier lors des JO de Rio (où il était d’ailleurs porte-drapeau de sa délégation), durant lesquels il a réussi une performance ahurissante en finale du 400 m. Parti au couloir 8, il est sacré champion olympique et effacé le record du monde de Michael Johnson datant de 1999. Il devient par la même le premier homme depuis 1968 (Lee Evans à Mexico) à battre le record du monde du tour de piste dans une finale des Jeux olympiques. Cela vous pose un homme. Un an plus tôt, il avait raflé son premier titre de champion du monde en devançant LaShawn Merritt (champion olympique du 400 m en 2008) et Kirani James (champion olympique en 2012).
Depuis, beaucoup s’accordent à voir en Wayde van Niekerk, en plus de ses qualités hors norme, une polyvalence qui pourraient en faire un des grands athlètes du sport moderne. Il est le seul, à ce jour, à avoir couru le 100 m en moins de 10 secondes (9 »94), le 200 m en moins de 20 secondes (19 »84), le 300 m en moins de 31 secondes (30 »81) et le 400 m sous les 44 secondes (43 »03).
À Londres, van Niekerk pourrait de nouveau faire mieux que Michael Johnson. Personne, depuis l’Américain en 1996, n’a réussi le doublé 200-400 m dans un grand championnat. Or cette année, il possède sur chacune de ces distances l’une des deux meilleures performances mondiales de la saison (19 »84 sur 200, 43 »62 sur 400).
Des ambitions affirmées, mais pas de duel face à Bolt

Ces nouveaux défis, cette pression et cette attente grandissants qui l’entourent devraient en faire une des stars de ces Mondiaux. À condition que tout se goupille bien. S’il paraît aujourd’hui dans la forme de sa vie, van Niekerk n’a pas toujours été épargné par son physique. D’où l’intérêt de planifier scrupuleusement sa carrière en fonction de ce que sera l’évolution de son corps. « Je déteste le 400 m », avait-il confié dans une interview à Sport 24 après son titre olympique en 2016. « Je veux arrêter aussi rapidement que possible (rires). Non, c’est une relation d’amour-haine. Je déteste le 400 m parce que je sais ce que la course fait à mon corps, mais je l’aime pour tout ce qu’il procure à ma vie. » Un regard objectif qui le pousse dès aujourd’hui à se recentrer sur de plus courtes distances, lui qui courra le 200 m pour la première fois dans un championnat de niveau mondial depuis qu’il est passé professionnel.
Van Niekerk ne croisera donc pas Usain Bolt, qui s’est aligné uniquement sur 100 m. « C’est une grande déception pour moi. Wayde est arrivé trop tard pour que je puisse l’affronter, mais il est l’un des meilleurs aujourd’hui », a récemment déclaré le Jamaïquain. Une façon subtile pour lui de reconnaître que ce duel, qui aurait potentiellement mis aux prises deux athlètes pour un doublé 100-200 (pour Bolt) ou 200-400 (pour van Niekerk), aurait pu lui être défavorable.
Relancé sur le sujet dernièrement dans des propos relayés par Eurosport, Bolt a quand même fini par montrer les muscles : « Non, ce n’est pas que j’ai voulu l’éviter. Je n’ai jamais refusé un challenge. […] J’ai beaucoup de respect pour Wayde, mais je suis en fin de carrière et, lui, au début. Ce serait chouette de l’affronter et c’est même une des grandes déceptions de ma carrière qu’il soit arrivé trop tard pour que je puisse l’affronter. Mais, s’il avait dû courir contre moi lorsque j’étais au top de ma carrière, il n’aurait eu aucune chance. Ni sur 100 ni sur 200 m. » Une mise au point qui confirme tout de même l’attention toute particulière du plus grand sprinter de tous les temps à l’égard de son potentiel successeur. Un héritier qui à défaut de le devancer sur la piste, peut ambitionner de lui succéder dignement comme la tête de gondole d’une discipline qui en aura cruellement besoin.

Source: Lepoint

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