Violences dans les Kasaï: l’ultimatum de l’ONU aux autorités de Kinshasa

Lors de l’ouverture de la 35e session du Conseil des droits de l’homme mardi 6 juin à Genève, le haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Zeid Ra’ad Al Hussein, a lancé un ultimatum aux autorités de RDC. Elles ont 48 heures pour accepter de participer à une enquête conjointe sur les violences dans les Kasaï qui ont déjà fait plusieurs centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés. Si Kinshasa ne respecte pas ce délai, l’ONU brandit la menace d’une enquête internationale.

Zeid Ra’ad Al Hussein réclame depuis mars la création d’une commission d’enquête du Conseil sur les violences en RDC après la découverte notamment de charniers dans les provinces du Kasaï. A l’issue de chaque session du Conseil des droits de l’homme, ses 47 Etats membres peuvent en effet décider, à travers l’adoption de résolutions, de créer des enquêtes internationales, comme il en existe pour la Syrie.

Le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a donc annoncé l’envoi d’une mission dans la région dès la semaine prochaine et lancé un ultimatum à Kinshasa :

« La situation déjà dramatique dans les provinces du Kasaï en République démocratique du Congo continue de détériorer. Elle s’étend aujourd’hui à d’autres provinces et par-delà la frontière avec l’Angola. Compte tenu des difficultés d’accès aux zones où sont commis les différents abus et violations des droits de l’homme, je vais envoyer une équipe dans la région dès la semaine prochaine pour rencontrer les personnes qui fuient ces attaques. A moins que je ne reçoive une réponse adéquate du gouvernement à propos d’une enquête commune d’ici le 8 juin, je vais requérir la création d’un mécanisme international d’enquête pour les Kasaï », a-t-il prévenu.

Mais à ce stade aucune structure n’est réellement définie, confie une source onusienne, rappelant que le gouvernement aurait déjà dû donner sa réponse le 25 mai dernier. Il s’agit donc de mettre la pression sur Kinshasa, avant que le Conseil des droits l’homme ne se penche sur son cas dans deux semaines.

Depuis septembre, la région du Kasaï est secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août 2016 lors d’une opération militaire après s’être révolté contre les autorités de Kinshasa.

Selon l’ONU, ces violences ont fait plus de 400 morts et causé le déplacement de 1,3 million de personnes. Dans les provinces du centre de la RDC, l’ONU a dénombré 40 fosses communes.

Interrogée par la Radio Okapi, la ministre congolaise des Droits de l’homme affirme ne pas être opposée à une collaboration avec l’ONU si la RDC conserve la direction de l’enquête.

Lundi, après la France et la Suède, c’est l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies qui avait demandé dans un communiqué au secrétaire général Antonio Guterres d’ouvrir une enquête spéciale sur le double assassinat de Michael Sharp et de Zaida Catalan, tués alors qu’ils enquêtaient sur les violences dans les Kasaï.

Source: RFI

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