Venezuela: Washington ne prend plus de gant avec Maduro le «dictateur»

Les Etats-Unis ont toujours suivi de près la situation au Venezuela. Washington a condamné le scrutin du dimanche 30 juillet 2017 qui a débouché sur la création à venir d’une Assemblée constituante. Soutenant l’opposition, les Etats-Unis avaient imposé la semaine dernière des sanctions contre 13 anciens et actuels responsables gouvernementaux. Ce lundi, l’administration américaine a décidé de frapper à la tête.

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Prenant une mesure extrêmement rare, les Etats-Unis ont sanctionné Nicolas Maduro lui-même en représailles à l’élection de dimanche.

C’est le secrétaire au Trésor en personne qui a annoncé un gel de tous les avoirs que pourrait posséder le président vénézuélien aux Etats-Unis : « Suite aux sanctions prises aujourd’hui, tous les avoirs appartenant à Maduro, et tombant sous la juridiction des Etats-Unis, sont gelés et tout ressortissant américain ne peut commercer avec lui », a dit Steve Mnuchin.

Le ministre américain a déclaré que par ce geste, les Etats-Unis affirmaient clairement leur opposition aux politiques du gouvernement et leur soutien au peuple vénézuélien, qui cherche le retour de la démocratie dans son pays selon lui. Steve Mnuchin a aussi prévenu que quiconque participerait à cette Constituante s’exposerait à d’autres sanctions américaines.

Avant lui, le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, le général McMaster, avait affublé le numéro un vénézuélien d’un titre que la diplomatie américaine avait jusqu’à évité : « Maduro n’est pas seulement un mauvais dirigeant. Il est dorénavant un dictateur », avait-il dit.

Nicolas Maduro rejoint donc Bachar el-Assad, Kim Jong-un et Robert Mugabe, les seuls chefs d’Etat à avoir été sanctionnés personnellement par Washington jusqu’à présent. Interrogé sur de futures mesures punitives contre le régime de Caracas, le secrétaire au Trésor n’a pas voulu s’engager, disant simplement que toutes les options étaient sur la table.

En dépit des tensions, les Etats-Unis et le Venezuela, même s’ils n’ont plus d’ambassadeurs respectifs, conservent des liens économiques et commerciaux étroits à cause du pétrole, Caracas restant un important fournisseur de brut pour les Américains.

Source: RFI

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