Venezuela: le Parlement assailli par des pro-Maduro

Le Parlement vénézuélien, contrôlé par l’opposition, a été évacué mercredi 5 juillet en soirée, après plus de sept heures de siège par des manifestants favorables au président Maduro. Au moins cinq députés vénézuéliens et sept employés du Parlement ont été blessés. Le président Nicolas Maduro a nié toute implication. Washington dénonce un «assaut inacceptable».

Aux alentours de midi, mercredi, alors que les députés du Venezuela tenaient session, des dizaines de partisans du gouvernement de Nicolas Maduro ont fait irruption dans l’Assemblée nationale, seul pouvoir détenu par l’opposition depuis les législatives de décembre 2015. Après avoir forcé le portail, ils ont pénétré dans les jardins et les couloirs du bâtiment.

Cagoulées pour certaines, portant des bâtons et vêtues de rouge – la couleur du parti socialiste au pouvoir –, ces personnes ont lancé des pétards et des grenades assourdissantes, provoquant le chaos et la panique. S’en est suivi une bagarre générale. Des députés d’opposition ont été blessés. Le plus touché, frappé à la tête, a dû être évacué en ambulance.

Des scènes de violence qui rappellent le climat de tension de la semaine dernière, lorsque plusieurs députés avaient déjà accusé des groupes violents d’empêcher leur sortie de l’Assemblée nationale pendant plusieurs heures. Ce mercredi, ce n’est qu’en début de soirée que les députés et les journalistes sont enfin sortis du Parlement, après avoir été bloqués pendant plus de sept heures dans l’hémicycle.

Le président Maduro ordonne une enquête

Le chef de l’Etat a nié toute implication. « Je condamne absolument ces faits. Je ne vais être complice d’aucune violence », a-t-il déclaré, assurant avoir ordonné une enquête. Cet incident survient alors que le Venezuela traverse une profonde crise économique et politique, secoué par une vague de manifestations réclamant le départ de Nicolas Maduro et qui a fait 91 morts en trois mois.

Dans ce contexte, le président a convoqué une Assemblée nationale constituante dont l’élection a été fixée au 30 juillet prochain. Parmi ses prérogatives, comme son nom l’indique, la possibilité de réécrire la Constitution. Pour le président de l’Assemblée nationale, Julio Borges, l’attaque de mercredi est « un petit échantillon de ce qui va se produire » avec cette « Constituante frauduleuse ».

Malgré les violences, les députés ont tout de même pu donner mercredi leur feu vert à l’organisation d’un référendum que l’opposition souhaite organiser le 16 juillet prochain. En appelant les Vénézuéliens à voter pour ou contre la Constituante, l’opposition veut faire monter la pression contre Nicolas Maduro, explique notre correspondant à Caracas, Julien Gonzalez.

Plusieurs gouvernements, comme ceux d’Espagne ou de Colombie par exemple, mais aussi l’organisation économique régionale Mercosur, ont condamné cet assaut contre l’Assemblée nationale ce mercredi, pendant lequel le chef de l’Etat assistait à un défilé militaire à l’occasion du jour de l’Indépendance.

Source: RFI

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