Venezuela: la stratégie marathon de l’opposition

Une nouvelle fois, la coalition d’opposition vénézuélienne avait appelé ses partisans à descendre mercredi 10 mai dans les rues de Caracas ainsi que des principales villes du pays. Objectif : défendre la Constitution et refuser la future Assemblée constituante populaire convoquée par le président Maduro et que l’opposition considère comme « une fraude ». Avant la marche de mercredi, le bilan des victimes était de 38 personnes tuées au cours de manifestations et de troubles. Et une nouvelle fois, le bilan s’est alourdi : mercredi, un jeune de 27 ans est mort au cours de la manifestation dans le quartier de Las Mercedes à l’Est de Caracas. La justice a ouvert une enquête.

En dépit des morts et des centaines de blessés depuis la première marche début avril, les manifestations sont donc presque quotidiennes et rassemblent à chaque fois des milliers de personnes. Des manifestations qui ne vont pas s’arrêter car l’opposition appelle à maintenir la pression dans la rue.

Symboles de l’exaspération des manifestants vénézuéliens : certains commencent à utiliser « les cocktails poopootov », ces bouteilles remplies d’excréments et lancées sur les forces de l’ordre.

Mais derrière cette scène atypique, la journée de mobilisations de ce mercredi a été une nouvelle fois particulièrement tendue, et comme à chaque manifestation, les opposants n’ont pas pu accéder au centre de la capitale en raison des barrages des forces de l’ordre et des gaz lacrymogènes.

Le Tribunal suprême de justice, le Conseil national électoral ou encore le ministère de l’Intérieur : autant de lieux symboliques du pouvoir où tentent de se rendre l’opposition depuis 40 jours. En vain.

Une stratégie marathon pour l’opposition qui alterne marches globales et marches plus ciblées : jeudi dernier par exemple, seul le mouvement étudiant était convoqué tandis que samedi dernier, c’étaient les femmes qui étaient invitées à se mobiliser ; ce vendredi, ce sera au tour des personnes âgées de manifester.

L’objectif de ces manifestations à répétition, c’est de rester présent dans la rue, d’user les forces de l’ordre. Mais ces marches et ces troubles ont malheureusement déjà fait près d’une quarantaine de victimes depuis début avril. Selon le bilan de la justice, près de la moitié avait moins de 25 ans.

Source: RFI

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