Syrie: l’ONU se méfie des «zones de désescalade» voulues par la Russie

La Russie fait pression sur le Conseil de sécurité des Nations unies pour voter une résolution qui instaurerait des « zones de désescalade » en Syrie, pour tenter de mettre un terme à un conflit qui entre dans sa septième année. La création de ces zones avait déjà été envisagée lors de l’accord signé par l’Iran, la Turquie et la Russie le 4 mai 2017 à Astana. Mais les diplomates onusiens restent très sceptiques face à un texte qui comporte encore de nombreuses parts d’ombre.

La Russie a beau se trouver une nouvelle fois à la manoeuvre dans la crise syrienne, pas question de lui donner un chèque en blanc aux yeux des Nations unies.

Le texte que le Kremlin a fait circuler au Conseil de sécurité est très sommaire et ne lève absolument pas les ambiguïtés du mémorandum signé par la Russie, l’Iran, et la Turquie, les parrains du processus d’Astana.

Le chef de la diplomatie syrienne pose ses conditions

Avant de négocier un tel texte, les diplomates de l’ONU veulent précisément savoir la délimitation géographique des « zones de désescalade » et les détails du mécanisme de surveillance qui serait mis en place.

Walid Mouallem, le ministre des Affaires étrangères de la Syrie, a d’ores et déjà annoncé qu’il n’accepterait la création de ces zones que sous certaines réserves.

Pour lui, « la mission des pays qui garantissent l’accord consiste à préserver la sécurité des zones concernées de manière pérenne, à éviter qu’elles ne fassent l’objet d’interventions extérieures et que l’armée syrienne ne soit agressée ».

« Si ces conditions ne sont pas respectées, dit-il, le droit de riposte sera, dans ce cas, légal ». Et d’annoncer qu’il refusait tout rôle de surveillance à l’ONU, ce qui laisse pour le moment l’avenir immédiat de la Syrie entre les mains des Russes, des Iraniens et des Turcs.

Rencontre prévue entre ministres américain et russe

Le Conseil de sécurité n’est pas prêt a signer un succès diplomatique du Kremlin sans contrepartie. Le chef de diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue américain Rex Tillerson doivent d’ailleurs se rencontrer mercredi 10 mai à Washington.

Cette rencontre aura lieu avant un nouveau « round » de négociations inter-syriennes à Genève, six jours plus tard. Les « zones de désescalade » seront au menu des discussions, dans l’objectif de lever les principaux points d’ambiguïté.

Source: RFI

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