Syrie: environ 200 corps découverts dans un charnier à Raqqa

Les autorités de Raqqa, en Syrie, annoncent avoir retrouvé environ 200 corps dans un charnier. La ville a été la « capitale » du groupe Etat islamique entre 2014 et 2017.

Certains corps ont été retrouvés vêtus d’une combinaison orange, comme celles qui habillaient parfois les otages du groupe Etat islamique. « Ils ont été menottés et abattus d’une balle dans la tête », a indiqué un responsable local, Yasser al-Khamees, à la tête d’une équipe de secouristes. Trois corps de femmes portant les traces d’une lapidation à mort ont également été retrouvés, a-t-il rapporté.

Les décès remontent vraisemblablement à l’année 2017, alors que les jihadistes de l’organisation terroristes contrôlaient toujours Raqqa. Deux cents corps ont pour l’instant été exhumés de cette fosse découverte au début du mois de juin. Située au sud de la ville, elle pourrait contenir plus de 800 victimes.
Cette découverte est primordiale, car elle pourrait permettre d’identifier des personnes jusque-là portées disparues, ou d’éclaircir les circonstances de la mort de milliers d’autres, parmi lesquelles des étrangers capturés par le groupe EI.

La découverte de fosses communes se multiplie dans les territoires qui étaient contrôlés par l’organisation jihadiste. La plus grande a été découverte en janvier dernier avec 3 500 corps. En avril, 1 700 dépouilles ont été exhumées, toujours à Raqqa, rappelle notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. En décembre 2018, 900 corps ont été déterrés dans sept sites différents près de la ville de Boukamal, aujourd’hui contrôlée par l’armée syrienne non loin de la frontière avec l’Irak.

La découverte de ces fosses communes ne règle pas le cas des milliers de personnes disparues dans les régions sous domination des jihadistes en Syrie et en Irak. L’identification des cadavres est un processus long et coûteux et souvent les corps sont de nouveau inhumés après des cérémonies religieuses rapides. Selon une estimation de l’ONG Human Rights Watch datant d’octobre 2018, entre 3 000 et 5 000 personnes arrêtées par le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak sont toujours portées disparues.

Source: RFI

Pin It on Pinterest