Sport, alimentation : comment lutter contre l’hypertension artérielle ?

Pour faire baisser sa tension artérielle, certaines règles hygiénodiététiques s’imposent. Les conseils du Dr Natalia Kpogbemabou, cardiologue.

L’hypertension artérielle est directement liée à 13 % des décès dans le monde. En France, elle représente même le premier motif de consultation médicale. Aujourd’hui, l’hypertension ne se guérit pas, mais se soigne très bien. Encore faut-il savoir que l’on est hypertendu. En effet, 4 millions de Français sont hypertendus sans le savoir. Le Dr Natalia Kpogbemabou, cardiologue, spécialiste des maladies vasculaires à l’hôpital de Wattrelos et membre de la Fédération française de cardiologie, donne ses conseils pour lutter contre l’hypertension artérielle.
Pourquoi est-il important de savoir que l’on est hypertendu ?
L’hypertension est un mal silencieux. Sans dépistage, il n’est pas possible de savoir que l’on est souffrant. Elle se définit par une pression trop forte du sang dans les artères. En sollicitant davantage le cœur, elle cause des lésions graves et provoque des accidents cardiovasculaires. L’hypertension artérielle multiplie le risque de souffrir d’un infarctus du myocarde ou de faire un accident vasculaire cérébral.

Comment le savoir ?
À partir de 40 ans, chacun doit mesurer sa pression artérielle au moins une fois par an. La mesure réalisée au cabinet médical ne reflète pas toujours le chiffre exact, car la tension est corrélée au stress, à la fatigue, etc. Au cabinet médical, le chiffre à ne pas dépasser est de 140/90. En automesure, il est de 135/85. Plusieurs facteurs sont responsables de l’hypertension artérielle : l’âge, le sexe, l’hérédité, certaines maladies rénales, la pilule, l’alcool, la prise de poids, etc.
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Est-il possible d’agir sur certains facteurs ?
Certains facteurs de la vie quotidienne impactent également la tension artérielle. Sur ceux-là, il est possible d’agir. En effet, il convient de respecter certaines mesures hygiénodiététiques. Tout d’abord, il est nécessaire d’adopter une alimentation équilibrée et de limiter l’apport en acides gras saturés. L’alcool doit aussi être consommé avec modération. Les dernières recommandations parlent de 8 verres par semaine pour les femmes et de 14 verres par semaine pour les hommes. Tout comme les excitants, ils doivent aussi être diminués. Par contre, il n’existe pas de contre-indication à boire du thé.

Concernant l’alimentation, comment limiter la consommation de sel ?
En France, une enquête de 2006 montrait que la moyenne des apports en sel des Français était de 8,6 g par jour. Si avoir la main légère sur la salière n’est pas le plus compliqué, il faut traquer le sel de son alimentation. Et c’est plus compliqué qu’il n’y paraît, car il se cache partout : dans le pain, le fromage, les pâtisseries, la charcuterie, certaines eaux pétillantes (toutes ne sont pas riches en sel), les fruits de mer, etc. Aujourd’hui, les recommandations officielles sont de moins de 5 g de sel par personne et par jour.

En plus de l’alimentation, quels sont les autres facteurs modifiables ?
Afin de réduire l’hypertension artérielle, il est recommandé de pratiquer une activité physique régulièrement. Cela permet, en effet, de diminuer le risque de maladie cardiovasculaire grâce, notamment, à une perte de poids. Précisément, mieux vaut pratiquer des exercices d’endurance qui aident le cœur à travailler. Le renforcement musculaire est important, surtout passé un certain âge : en effet, plus on vieillit, plus on perd du muscle, ce qui occasionne les chutes du sujet âgé. Mais c’est plutôt l’activité d’endurance qui va améliorer nos chiffres tensionnels. Attention aussi à certains médicaments, comme les antidépresseurs, les corticoïdes ou les anti-inflammatoires, qui peuvent augmenter la tension artérielle. Enfin, le tabac produit des substances qui multiplient considérablement le risque d’accidents cardiovasculaires.

Pour davantage de conseils, vous pouvez vous rendre sur le site internet de la Fédération française de cardiologie.

Source: Le Point

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