Soudan: des partisans du président Béchir défilent à Khartoum

Des hommes, des femmes, des enfants, munis de bannières de soutien à Omar el-Béchir, ont défilé ce mercredi matin au Soudan, à Khartoum. C’est la première manifestation de soutien au pouvoir depuis le mouvement de contestation qui a débuté il y a trois semaines dans le pays. Le président soudanais a accusé une nouvelle fois des « comploteurs » d’avoir provoqué les violences qui ont émaillé les marches des premiers jours, quand des centres et des bureaux du parti au pouvoir alors été brûlés.
Devant des Soudanais qui ont manifesté pour le pouvoir à Khartoum, le président a pris la parole ce mercredi pour répéter ce qu’il dit depuis le début des contestations : il dénonce à nouveau un complot et traite l’opposition de « traîtres ». Il accuse les forces étrangères de vouloir déstabiliser le Soudan. Le Soudan ne veut pas établir des relations avec Israël.

Des opposants ont accusé le pouvoir d’imposer aux employés du service public de manifester pour le pouvoir, au risque de se faire renvoyer. Des familles disent ne pas avoir envoyé leurs enfants à l’école pour qu’ils ne soient pas obligés de participer à cette manifestation pro-Omar el-Béchir à Khartoum.

En parallèle, dans la capitale et dans d’autres villes du pays, de nouveaux rassemblements réclamant le départ du président ont été dispersés à coup de gaz lacrymogènes. Un mouvement de colère qui persévère depuis 20 jours, c’est le plus long depuis le coup d’Etat de 1989 qui a placé Omar el-Béchir à la tête du pays. Une situation qui complique la recherche d’une solution pour sortir de cette crise.

La crainte d’une « présidence à vie »

Mardi soir, le président soudanais était à Atbara, où avait eu lieu la première manifestation en décembre. Il a fait une déclaration surprenante en n’excluant pas la possibilité de laisser le pouvoir à l’armée si cela s’imposait.

Au Soudan, il y a soixante ans, le président Abdallah Khalil avait mis l’armée à la tête du pays, pour ne pas la laisser au parti de l’opposition, le parti de l’union démocratique.

Prenant le contre-pied de cette déclaration du président à Atbara, le vice-président, Ali Othman Taha, a lui considéré que ceux qui appellent l’armée à intervenir sont des incapables, avant d’affirmer qu’Omar el-Béchir ne quitterait pas la présidence. De son côté, le vice-président du parti au pouvoir a déclaré qu’il revenait uniquement à sa formation politique, le Congrès national (al-Mo’tamar), et à lui seul, de décider du maintien de la nomination du président el-Béchir pour un nouveau mandat lors des élections de 2020.

Une des raisons de la colère, en dépit de la pénurie générale qui frappe le pays, s’explique par la volonté du pouvoir de changer la Constitution pour permettre à Omar el-Béchir de rester « président à vie », comme le dénonce l’opposition.

Source: RFI

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