Scandale Petrobras: les Brésiliens abasourdis par l’ampleur de la corruption

Séisme politique au Brésil. La Cour suprême a autorisé – mardi 11 avril – l’ouverture de multiples enquêtes dans le cadre du scandale de corruption Petrobras. Plusieurs ministres clefs du gouvernement du président conservateur Michel Temer sont visés mais aussi plusieurs dizaines de députés et sénateurs et les trois derniers présidents de la République, accusés d’être impliqués dans le vaste réseau de détournement de milliards d’euros. Le maire de Rio de Janeiro est aussi soupçonné d’avoir reçu des millions en pot de vin pendant les Jeux Olympiques de 2016. Les Brésiliens sont abasourdis.

Malmenés par la crise économique qui frappe le pays, le chômage et l’inflation des produits de base, les Brésiliens assistent impuissants, à la chute d’une bonne partie de leur classe politique.

Les Brésiliens de la petite classe moyenne oscillent entre abattement, colère et lassitude comme Lucilda, professeur de littérature. Depuis septembre dernier, elle reçoit son salaire avec plusieurs mois de retard car les caisses de l’Etat de Rio de Janeiro sont vides. Elle est abasourdie. « Nous sommes vraiment perplexes. On a l’impression d’être dans une impasse. Comment est-ce possible que notre classe politique confisque effrontément autant d’argent, qui appartient à toute la population ?»

Les révélations dans la presse s’enchaînent, depuis la décision de la Cour suprême d’ouvrir une enquête sur plus d’une centaine de personnalités politiques. Entre colère et amertume, Leonardo, 22 ans, étudiant en biologie. « Plus l’enquête avance, plus on voit la crasse remonter à la surface et de plus en plus de noms de corrompus révélés. Alors, bien sûr, nous sommes soulagés de voir que cela est enfin découvert. Mais ça me fait honte aussi de savoir que cela existe, et que l’on vit avec la corruption en trouvant cela normal… »

La classe politique brésilienne semble avoir perdu tout crédit. Pourtant l’enquête sur le scandale Petrobras est encore loin d’être terminée. Les délations en série de 77 hauts dirigeants du sous-traitant de Petrobras, Odebrecht, le géant du BTP, en échange de remises de peines, constituent un véritable séisme politique : huit ministres importants du gouvernement de Michel Temer, plusieurs anciens présidents dont Lula da Silva, 29 sénateurs et 42 députés, dont les présidents des deux chambres du Parlement, douze gouverneurs d’Etat qui font également l’objet d’une enquête… La liste des personnes suspectées n’en finit pas de s’allonger.

Source: RFI

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