Royaume-Uni: la police surveillait des terroristes depuis des semaines

Une veillée s’est tenue, dimanche 4 juin au soir, en hommage aux victimes de l’attentat de samedi, avant une minute de silence prévue mardi. Les Britanniques ont été frappés pour la troisième fois en 3 mois par le terrorisme. Une attaque qui a fait 7 morts, une cinquantaine de blessés, parmi lesquels 36 sont toujours à l’hôpital dont 21 dans un état grave. Une fois encore l’organisation Etat islamique a frappé et une revendication a été faite hier soir via l’agence de propagande Amaq. La police britannique ne chôme pas depuis samedi. Deux nouvelles perquisitions ont eu lieu à l’aube, et d’autres personnes ont été arrêtées. Et, ce matin un journal livre des informations cruciales.

Le Daily Telegraph affirme que la police avait secrètement enregistré les conversations, le mois dernier, d’une cellule terroriste dans la banlieue de Barking sur la façon d’utiliser la chaîne internet YouTube pour préparer une attaque au camion et au couteau à Londres. D’après le journal, les enquêteurs surveillaient ce réseau plusieurs semaines avant l’attentat de samedi soir, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

La police n’a pas encore réagi à ces informations, mais cela expliquerait la rapidité avec laquelle les forces de sécurité ont retrouvé l’adresse où vivait l’un des assaillants et mené une perquisition dès dimanche matin dans l’appartement où il avait vécu avec sa femme et ses deux enfants.

Pas de suites au signalement d’une radicalisation

Ces informations expliqueraient aussi pourquoi la Première ministre Theresa May a particulièrement insisté lors de sa déclaration au lendemain de l’attaque sur la nécessité de « réduire l’espace d’expression des extrémistes sur internet ». Reprochant aux grands fournisseurs de services en ligne d’offrir « l’espace sécurisé dont cette idéologie pervertie a besoin pour prospérer », la dirigeante a appelé à travailler avec d’autres pays pour conclure des accords internationaux sur la régulation du cyberspace.

Le Dalily Telegraph et la BBC ont interviewé quelqu’un qui connaissait l’un des assaillants abattus et selon qui, l’homme s’était radicalisé ces deux dernières années. Sous couvert de l’anonymat ce voisin a raconté avoir alors pris peur et contacté la ligne d’urgence des services anti-terroristes qui n’ont pas donné suite. Comme dans le cas du kamikaze de Manchester dont les opinions extrêmes avaient été rapportées à la police, les forces de sécurité n’ont pas arrêté le suspect et les autorités pourraient se retrouver sous pression alors que la Première ministre a justement pointé du doigt la communauté musulmane ce dimanche, estimant que des « discussions difficiles allaient devoir s’engager entre les différentes communautés britanniques ». Theresa May doit à nouveau s’exprimer ce lundi.

■ La vie continue après l’attentat de Londres

Londres ce dimanche était une ville d’un calme inhabituel à en croire les habitants, rapporte notre envoyé spécial à Londres, Romain Lemaresquier. Même si la plupart des Londoniens disent que la vie continue malgré cette attaque, l’impression que le temps reste figé demeure. Figé non pas parce que les gens ont peur, mais parce que les autorités, la police, les services de renseignements sont à l’œuvre.

Le quartier où s’est déroulée la tragédie a été complètement bouclé. Et la station de métro London Bridge, située juste en face du pont où une fourgonnette a fauché des piétons, vient tout juste de rouvrir.

Renforcement des mesures antiterroristes

Le Royaume-Uni vient de connaître sa troisième attaque terroriste en moins de trois mois. Et pour certains Britanniques comme Maxime, jeune londonien de 25 ans, la réaction après cette attaque est bien différente par rapport aux précédentes. « Cela arrive tellement souvent qu’on se trouve un peu habitué. C’est un peu triste parce que hier soir, je suis revenu de soirée avec des amis et j’ai allumé la télé. Tout de suite CB News, et ça disait Breaking News. Ça ne m’a pas choqué en fait. Ça arrive tellement souvent que cela ne nous choque plus », raconte-t-il.

Le maire de Londres, Sadiq Khan a tenu à avertir les habitants de sa ville, qu’ils ne s’alarment pas s’ils voient plus de patrouilles de police et plus d’hommes en armes dans les rues de la capitale britannique car les mesures de sécurité vont bien être renforcées. C’est ce qu’a également laissé entendre la Première ministre, Theresa May, en évoquant une révision de la stratégie pour lutter contre le terrorisme. Des mesures qui pourraient être renforcée à l’issue des élections si les conservateurs l’emportent. Et ici à Londres, beaucoup disent aujourd’hui craindre l’adoption de lois qui s’attaqueraient aux libertés individuelles.

Source: RFI

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