Référendum: la Nouvelle-Calédonie vote «non» à l’indépendance

Le « non » à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie l’a emporté ce dimanche 4 novembre à l’issue du référendum avec 56,4% des suffrages exprimés. Mais le score des indépendantistes est plus fort que prévu. Tout comme le taux participation, 80,63%. Le président Emmanuel Macron a exprimé son « immense fierté ».

Selon des résultats définitifs, le non à l’indépendance l’emporte avec 56,4% des voix dans ce référendum d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie. Le « oui », lui, récolte 43,6% des suffrages. Un score beaucoup plus serré par rapport aux derniers sondages, qui donnaient 70% au « non ».

La mobilisation des électeurs, qui s’élève à plus de 80%, a donc bénéficié aux indépendantistes. Cette mobilisation aurait pu être encore plus déterminante si une partie du camp du « oui » n’avait pas appelé au boycott du scrutin. Les indépendantistes se retrouvent renforcés pour réclamer l’organisation de deux autres référendums.

L’annonce des résultats n’a pas déclenché d’agitation particulière. Le calme règne dans les rues de Nouméa, constate notre envoyé spécial Julien Chavanne. Même s’il y a eu quelques incidents au cours de la soirée – des voitures incendiées et des cas de « caillassages » dans plusieurs quartiers des Nouméa.

La « fierté » d’Emmanuel Macron

Le président de la République française a exprimé son « immense fierté que nous ayons passé ensemble cette étape historique », après ce choix de la Nouvelle-Calédonie de rester dans la France.

« Je veux aussi dire la fierté pour le chef de l’État que la majorité des Calédoniens aient choisi la France », a déclaré le chef de l’État dans une allocution télévisée depuis le palais de l’Elysée, estimant qu’il n’y avait « pas d’autre chemin que celui du dialogue » désormais.

Le président de la République estime par ailleurs qu’aujourd’hui, « le seul vaincu est la tentation du mépris, de la division, de la violence, de la peur. Le seul vainqueur, c’est le processus de la paix qui porte la Nouvelle-Calédonie depuis 30 ans. L’esprit de dialogue que plus rien n’entamera. »

Réactions des deux camps

Si pour certains électeurs du « oui », le résultat du scrutin est une déception, cela ne signifie pas pour autant la fin du combat. L’accord de Nouméa prévoit, en cas de victoire du « non », deux autres référendums dans les quatre ans. De nombreux partisans de l’indépendance se projettent déjà dans cette perspective.

« La lutte va continuer. Elle continuera jusqu’au dernier Kanak. Nos vieux ont demandé à avoir des choses, pour l’égalité, le bien-être de sa population. On a besoin de se libérer parce que c’est quelque chose qui est dans les tripes. Et tant que c’est là, il faut le faire sortir jusqu’à ce que – comme le mariage – la mort nous sépare. Le combat va continuer jusqu’au dernier Kanak. »Cédric, militant indépendantiste.

Malgré la défaite, au siège du FLNKS, le principal parti kanak, l’ambiance est à la fête, pointe notre correspondant Julien Sartre. Un sentiment qui s’explique par la progression du score des indépentantistes, en comparaison des sondages et des scrutins précédents.

Ils craignaient de disparaître de l’échiquier politique. Et avec ce score relativement serré, certains militants estiment même avoir gagné et avoir fait la démonstration que la conviction indépendantiste est toujours vivace, qu’elle est toujours présente, en particulier chez le peuple kanak.

L’autre paradoxe de cette soirée électorale, ce sont les partis de droite qui étaient favorables au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France. Ils se font discrets. Certes, ils sont satisfaits du résultat, mais s’ils ont gagné, c’est moins largement qu’ils ne l’espéraient.

L’heure n’est donc pas au triomphalisme et les loyalistes parlent avant tout de « construire ensemble » et de dialoguer avec l’autre camp.

« Ce résultat est incontestable et il faudra le prendre en compte, même si bien évidemment, on a des partenaires indépendantistes. Ces partenaires, ils défendent une idéologie qu’on respecte, ils ont voulu par le vote indépendantiste qu’ils ont marqué défendre leur dignité, il faudra le respecter et il faudra qu’on arrive à travailler ensemble. On leur tend la main (…) en permettant, et c’est ce que j’ai proposé, d’avoir un droit permanent à l’autodétermination. Pour que, si un jour une majorité de Calédoniens veulent l’indépendance, ils puissent y accéder ».Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains calédoniens au Congrès de la Nouvelle-Calédonie.

Source: RFI

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