« Prisonnier politique », un vocable qui fait polémique en Côte d’Ivoire

Les autorités ivoiriennes ne cessent de répéter qu’il n’existe pas en ce moment de prisonnier politique en Côte d’Ivoire. Cette version officielle est totalement battue en brèche par les opposants et Amnesty International qui soutiennent le contraire.

Pouvoir et opposition s’empoignent sur l’expression « prisonnier politique »

Les échanges entre Amadou Gon Coulibaly et la diaspora ivoirienne aux États-Unis ont attisé une bien vieille polémique. En effet, à l’appel du Premier ministre aux Ivoiriens établis au pays de l’oncle Sam de revenir investir au pays, ces derniers ont subordonné leur retour au bercail par la libération préalable des « prisonniers politiques ». Cependant, le chef du gouvernement n’a pas hésité à recadrer le débat selon la version officielle : « Personne en Côte d’Ivoire n’est aujourd’hui en prison du fait de ses opinions politiques. »

Selon lui, l’expression « prisonnier politique » n’est pas la mieux adaptée pour désigner les centaines de pro-Gbagbo qui croupissent en prison. Poursuivant, le collaborateur d’Alassane Ouattara a indiqué que tous les opposants actuellement incarcérés le sont à juste titre. C’est dans le cadre des atteintes à la sûreté de l’État depuis 2012. Il s’agissait alors des attaques de commissariats, de camps de gendarmerie ou de camps militaires.

Et pourtant, cette version est totalement prise à contre-pied du côté de l’opposition. Pour Pascal Affi N’Guessan, Aboudrahamane Sangaré, Mamadou Coulibaly, Bamba Moriféré et autres ténors du camp adverse, Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé, Hubert Oulaye, Assoa Adou, Moïse Lida Kouassi, Koua Justin, Dahi Nestor et bien d’autres de personnes incarcérées sont bel et bien des prisonniers politiques. La version officielle représente donc à leurs yeux une hérésie. En outre, le rapport d’Amnesty International d’octobre dernier indiquait que 200 pro-Gbagbo ont été « arbitrairement détenues et torturées ».

Toutefois, des voix s’élèvent de plus en plus pour appeler à la paix, au pardon et à la réconciliation. De même, le PAN Guillaume Soro avait soutenu depuis Paris : « Il n’y a aucun intérêt à garder des gens en prison. » D’aucuns espèrent donc que les Ivoiriens se pardonnent mutuellement pour aller à la paix et à la réconciliation véritables.

Source: Afrique sur 7

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