Pourquoi l’ombre d’Amazon plane sur le business des pharmacies

Aux États-Unis, Amazon réfléchit à se lancer dans la vente en ligne de médicaments sur prescription. Un marché régulé partout dans le monde. En France, seuls les médicaments sans prescription sont autorisés à la vente en ligne sous de strictes conditions.

Amazon va-t-il s’attaquer au cœur du business des pharmacies, les médicaments vendus sur prescription? Selon le site américain cnbc.com, depuis plusieurs années le géant de l’e-commerce tient régulièrement au moins une grande réunion annuelle à son siège de Seattle pour étudier s’il doit entrer ou non frontalement sur le marché des pharmacies.

Il serait toutefois en train de pousser un cran plus loin ses intentions dans ce domaine. Amazon a recruté un directeur général à la tête d’une équipe dédiée, charge pour lui de formuler une stratégie d’attaque du marché en menant des discussions approfondies avec des experts de l’industrie. Parallèlement, le géant américain aurait commencé à recruter plus largement dans le secteur de la pharmacie.

Amazon vend des médicaments sans ordonnance aux USA

Aux États-Unis, outre un catalogue étoffé de fournitures médicales (tensiomètres, pansements…), la réglementation l’autorise déjà à vendre sur internet toutes sortes de médicaments sans prescription (anti-douleurs comme l’Advil, anti-allergies comme le Zyrtec). Ces médicaments sont aussi en vente dans les drugstores américains « en dur », alors qu’on ne peut se les procurer en France et dans de nombreux pays d’Europe que dans les pharmacies.

En envisageant de s’attaquer aux médicaments sur prescription, Amazon lorgne en fait un immense marché qui a représenté, rien qu’aux États-Unis, 300 milliards de dollars de dépenses en 2015. Mais ce marché, lorsqu’il s’agit de la vente en ligne, reste très régulé outre-Atlantique. « Les lois sur les transferts de prescription médicale et sur la prescription sous forme électronique rendent ce marché un peu plus difficile que de glisser un article en un clic dans un panier », selon un entrepreneur du secteur de l’e-santé, cité par cnbc.com.

Amazon s’allie avec deux chaînes de pharmacies au Japon

Avant d’entrer sur le marché des médicaments sur prescription, Amazon devrait aussi négocier avec un écosystème complexe lié au système de santé. Il lui faudrait notamment nouer des accords avec les mutuelles santé privées qui remboursent outre-Atlantique tous les frais de santé des assurés, en l’absence de sécurité sociale généralisée.

Comme Amazon le fait souvent avant d’ajouter sur son marché domestique des produits ou de nouveaux services, il les teste d’abord à l’étranger. Au Japon, le géant de l’e-commerce s’est ainsi associé avec deux chaînes de pharmacies locales. Il y teste la vente en ligne et la livraison rapide (le jour même de la commande) de médicaments nécessitant une consultation auprès d’un pharmacien avant l’achat, sur son site web (amazon.co.jp).

Avant de passer des commandes, les clients japonais doivent décrire en ligne leurs symptômes et leurs antécédents médicaux via un formulaire mis à leur disposition sur le site d’Amazon. Les articles ne leur sont ensuite livrés à domicile qu’après approbation par un pharmacien.

Le Japon serait-il l’anti-chambre ce que pourrait tenter Amazon en Europe, où la vente en ligne de médicaments sans prescription reste sous monopole des pharmaciens dans la plupart des pays?

Source: bfmbusiness

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