Maduro investi pour un deuxième mandat dans un Venezuela toujours plus isolé

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a prêté serment ce jeudi pour un deuxième mandat de six ans à la tête du Venezuela. Un deuxième mandat considéré toutefois comme illégitime par une partie de la communauté internationale, comme les Etats-Unis ou l’Organisation des Etats américains.

Nicolas Maduro investi, mais de plus en plus isolé sur la scène internationale. Peu de chefs d’Etat étrangers ont fait le déplacement pour assister à la cérémonie. Lors de son discours d’investiture, Nicolas Maduro a promis entre autres des réformes pour amener des changements dans un pays bouleversé par une crise économique et sociale. Un pays qui se vide de ses habitants. Selon les projections de l’ONU, plus de 5 millions de Vénézuéliens auront quitté le pays d’ici la fin de l’année.

Le président vénézuélien s’en est aussi pris à l’Assemblée nationale, qui aurait dû l’investir. Mais il a surtout accusé de complot tous les pays qui, comme elle, ont refusé de reconnaître sa légitimité, rapporte notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille : « Le Venezuela est le centre d’une guerre mondiale. L’impérialisme nord-américain et ses gouvernements satellites ont prétendus convertir une investiture formelle, protocolaire, légale, constitutionnelle et pacifique en une guerre mondiale contre notre pays. »

Nicolas Maduro a la lourde tâche de redresser une économie en chute libre alors que ses soutiens dans la région sont de moins en moins nombreux. A l’exception de la Chine et de la Russie, une grande partie de la communauté internationale a durci sa diplomatie à l’égard de Caracas, en contestant la légitimité du nouveau président.

C’est le cas des Etats-Unis, de l’Union européenne, de l’Organisation des Etats américains, et de plusieurs pays latino-américains rassemblés dans le Groupe de Lima.

Washington et Bruxelles ont décidé d’accompagner l’investiture de Nicolas Maduro en mettant en place de nouvelles sanctions contre le président et ses proches. Mais pour la plupart des spécialistes, il ne faut pas s’attendre à des changements politiques, car l’opposition reste divisée et la population préfère fuir plutôt que se révolter.

► Le témoignage d’un militant

Les appels lancés à Nicolas Maduro de renoncer au pouvoir n’entament pas la confiance des militants chavistes pour le président. C’est le cas de Freia Romperera qui a fait une journée de voyage pour assister à l’investiture.

« Nous avons un pays glorieux, je vous le jure. Je me sens si engagée que j’ai marché des kilomètres pour venir ici, pour faire garantir le respect total de la souveraineté de la patrie, le respect total de nos ressources naturelles, et le respect total à un président du peuple. Il nous a tout donné, il a presque donné sa vie pour nous. Jamais nous ne permettrons que notre pays soit envahi. Parce que je crois très réellement au projet bolivarien. Indépendamment des erreurs, je pense que ce personnage qu’est Nicolas Maduro, héritier d’Hugo Chavez et Simon Bolivar le libérateur, est l’homme qu’il nous faut pour gouverner. Nous avons un peuple investi. Vous n’imaginez pas les milliers de citoyens qui sont venus à pied, en bus, avec la faim au ventre parce qu’il y a des pénuries de nourriture à cause du blocus international. Mais nous pourrions mourir de faim, tant que nous vivrons sur cette terre, nous serons présents. »

Source: RFI

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