L’impact de la canicule sur les conditions de travail

La canicule s’installe en France et a des conséquences sur les conditions de travail. Vingt départements sont placés en vigilance rouge canicule et soixante en alerte orange.

Avec lacanicule, plusieurs secteurs économiques s’organisent. Les entreprises doivent respecter des obligations pour protéger leurs salariés, mais les textes de loi sont flous. Selon le Code du travail, les employeurs doivent prendre en considération les « ambiances thermiques » lors de l’évaluation des risques pour la santé des travailleurs. Du côté du plan canicule, la sécurité et la protection de la santé des employés doivent être assurées en « tenant compte notamment des conditions climatiques ».

Puisqu’aucun seuil de température n’est fixé, c’est aux entreprises de juger les limites supportables. En revanche, la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) recommande d’évacuer les bureaux à partir d’une température intérieure de 34°C.

Les employeurs ont, par ailleurs, l’obligation de fournir de l’eau fraîche et une protection contre les « conditions atmosphériques », mais la climatisation n’est pas obligatoire.
Les employés peuvent éventuellement utiliser leur droit de retrait, s’ils se sentent en situation de « danger grave et imminent » ou s’ils constatent un défaut « dans les systèmes de protection ». Certains aménagements sont possibles comme le télétravail, notamment pour les salariés qui habitent loin de leur lieu de travail.

Dispositions particulières pour les salariés du BTP
Les salariés du bâtiment sont en première ligne, les entreprises du secteur doivent donc suivre des règles supplémentaires. Elles doivent fournir au moins trois litres d’eau par jour et par travailleur. Elles sont également tenues de prévoir un local pour accueillir les employés ou des aménagements du chantier pour les protéger de la chaleur.

Il est recommandé de décaler les horaires de travail pour que les tâches les plus lourdes soient effectuées aux heures les moins chaudes et de fournir des aides à la manutention, et de garantir une vigilance entre les équipes.

La SNCF et la RATP en alerte
Les transports publics sont eux aussi surchauffés et pour y faire face la SNCF et la RATP se mobilisent. Tout d’abord, la SNCF a mis en place un plan « fortes chaleurs ».
Les câbles électriques se relâchent à cause des températures élevées. Pour contrer ce phénomène, des tendeurs équipés de poids sont installés.

Les trains sont également ralentis pour éviter les accidents, car au-dessus de 45°C, les rails peuvent se dilater. Enfin, des agents de maintenance font régulièrement des tournées de surveillance à pied pour repérer les défaillances. Pour les usagers, des bouteilles d’eau et des coffrets repas sont prévus en cas de perturbations.

Comme elle l’avait fait en juin, la SNCF invite les voyageurs à reporter leur voyage en raison des « risques d’incidents sur la circulation ». Elle s’engage à échanger ou rembourser sans frais les billets des TGV et Intercités circulant jusqu’à jeudi soir.

Du côté de la RATP, des mesures similaires sont prises avec une surveillance quotidienne des infrastructures. Des bouteilles d’eau et des éventails sont distribués dans certaines gares parisiennes.

Le nucléaire en difficulté
Le secteur du nucléaire est aussi touché par cette vague de chaleur. EDF a arrêté les deux réacteurs de la centrale de Golfech dans le Tarn-et-Garonne. Ils devraient être redémarrés mardi prochain en fonction des conditions climatiques.

La raison de cet arrêt est simple, la centrale utilise l’eau des fleuves pour refroidir les réacteurs avant de les rejeter. Pour éviter des conséquences sur la faune et la flore aquatique, l’eau ne doit pas dépasser 28°C. La production sera suffisante pour l’approvisionnement en électricité, selon RTA, le gestionnaire du réseau à haute tension.

Enfin, la prime de canicule pour les personnels des hôpitaux, réclamée par le syndicat FO des services publics et de santé, est écartée. Pour le syndicat, les agents sont confrontés à la chaleur et à une augmentation de la charge de travail.

La ministre de la Santé n’est pas du même avis. Selon Agnès Buzyn, « les urgences ne sont pas débordées » en raison de la canicule.

Source: RFI

 

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