Les Français de l’étranger privés de vote électronique pour les législatives

Les Français de l’étranger ne pourront pas voter électroniquement aux prochaines législatives. La décision a été annoncée lundi 6 mars par le secrétaire d’Etat à l’Assemblée des Français de l’étranger, officiellement pour se prémunir d’éventuelles cyberattaques.

Ce sont les recommandations de l’ANSSI, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques, qui a conduit à cette décision. Un « niveau de menace extrêmement élevé de cyberattaques pourrait affecter le déroulement du vote électronique » a expliqué le secrétaire d’Etat chargé des français de l’Etranger, Matthias Fekl.

Ce vote par Internet mis en place en 2012 permettait pourtant à de nombreux électeurs de s’exprimer regrette Francis Nizet, conseiller consulaire pour la Chine. « Ce vote électronique est une grande avancée pour les Français de l’étranger puisque la majorité vit dans les grandes villes, mais il y a beaucoup de communautés dispersées, par exemple dans ma circonscription, la 11e de l’étranger, qui va de la Biélorussie à Vanuatu, il y aura quelques dizaines de bureaux de vote dans les grandes villes. Et puis tous les autres Français, le vote par Internet leur permettait de choisir leur député. »

Sur les 150 000 électeurs de la 11e circonscription, 25 000 s’étaient exprimés en 2012, dont la moitié via le vote électronique. Plusieurs élus de l’étranger entendent aujourd’hui faire appel, sachant que pour établir une procuration il faut se rendre au consulat et que le choix du vote par correspondance est clos depuis le 1er mars, sachant aussi que les bugs du système confié à une entreprise espagnole n’auraient pas été corrigés.

« Nous avons eu récemment deux tests pour valider ce vote électronique et ces deux tests ont été assez catastrophiques, explique Francis Nizet. Il faut quand même savoir que cela a coûté 15 millions d’euros, qui vont partir en fumée. »

En 2012, les taux de participation des Français de l’étranger aux législatives oscillaient entre 20 et 25 %. Ils pourraient encore diminuer faute de vote par internet.

L’annonce de la suspension de ce vote électronique a été critiquée plusieurs élus, notamment Frédéric Lefebvre, député LR des Français d’Amérique du Nord, qui a lancé une pétition en ligne invitant le gouvernement à revenir sur sa décision. L’ancienne secrétaire d’Etat au Numérique et à l’Innovation Axelle Lemaire, aujourd’hui dans l’équipe de campagne de Benoît Hamon, a pour sa part dénoncé sur Twitter « un déni démocratique ».

Source: RFI

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