Le sport, un médicament en plus

La loi de modernisation du système de santé de 2016 prévoit la prescription d’activité physique par les médecins traitants à leurs patients atteints de maladie chronique. La Haute autorité de santé (HAS) vient de publier un guide destiné à orienter les praticiens dans les différentes pratiques sportives qui peuvent réduire les risques pathologiques.

En France, depuis 2016, les médecins peuvent prescrire une activité physique adaptée à leurs patients. Et pour les aider dans leurs conseils aux malades, la Haute autorité de santé (HAS) vient de publier un guide et six référentiels par pathologie.

Onze millions de Français atteints d’une maladie de longue durée

L’intérêt de prescrire du sport est avéré selon Dominique Le Guludec, présidente de la HAS lors de la présentation du guide. « Même non remboursée, une activité physique est mieux suivie si elle fait l’objet d’une prescription écrite », a-t-elle souligné. Le guide détaille des recommandations précises pour 6 maladies chroniques: surpoids et obésité, diabète de type 2, hypertension artérielle, bronchopneumopathie chronique obstructive, maladie coronaire stable et accidents vasculaires cérébraux. « Avec une population de plus en plus sédentaire, touchée plus fréquemment par des maladies chroniques, le développement de l’activité physique constitue un axe majeur des derniers plans de santé publique », peut-on lire sur le site internet de la HAS. Environ 11 millions de Français sont atteints par exemple de diabète, de la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer, de sclérose en plaques ou de cancer.

La sédentarité, première cause de mortalité évitable dans le monde

La sédentarité est devenue un fléau mondial. Selon l’OMS, elle constitue la première cause de mortalité évitable dans le monde, et concerne environ deux millions de personnes. En France, certaines personnes peuvent passer en moyenne 12h par jour assis ! On considère aujourd’hui que le temps consacré à des activités sédentaires devrait être inférieur à 7 heures par jour. Selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, les adultes entre 18 et 64 ans devraient pratiquer au moins 2h30 d’activités physiques d’endurance et d’intensité moyenne réparties sur 3 à 5 jours.

La pratique d’une activité modérée d’au moins trois heures par semaine pourrait diminuer de 30% le risque de mortalité prématurée selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Et pourtant, selon l’Eurobaromètre 2013, les Français bougent de moins en moins, 42% de la population ne pratique aucune activité sportive, soit une augmentation de 3% par rapport à 2009.

Une étude menée par l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmas) démontre que les sportifs de haut niveau vivent en moyenne six années de plus que la population générale. « Il n’y a quasiment aucune contre-indication à une activité légère ou modérée telle que marche active ou vélo », a souligné auprès de l’AFP Alexandre Feltz, généraliste et adjoint au maire de Strasbourg en charge des politiques de santé.

Le sport pour aider à surmonter un cancer

La HAS, qui reconnaît l’activité physique et sportive comme une thérapeutique non médicamenteuse depuis avril 2011, va étendre ses recommandations à d’autres pathologies comme les cancers, l’insuffisance cardiaque chronique et la dépression, ainsi qu’aux personnes âgées et femmes enceintes.

En ce qui concerne la cancérologie, la CAMI Sport & Cancer qui développe et structure l’activité physique en cancérologie et en hématologie, travaille sur le sujet depuis le début des années 2000. « Le sport peut aider à surmonter les effets secondaires liés au traitement, notamment la fatigue, l’estime de soi. Et aussi la qualité de vie en ce qui concerne le sommeil, l’inclusion sociale ou la réappropriation du corps », argumente Eliott Haywood, chargé de communication.

Actuellement, vingt pôles Sport & Cancer, en France prennent en charge le patient dès le début du diagnostic. Après l’autorisation du médecin, un bilan physique est réalisé par un professionnel du sport. Ensuite, tous les quatre mois les objectifs sont réévalués.

Les risques de l’activité physique sont essentiellement l’accident cardiovasculaire et les blessures musculo-squelettiques. C’est pourquoi les patients à risque doivent bénéficier d’une consultation médicale d’activité physique complète.

Source: RFI

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