La presse en ligne fustige la réglementation de l’Union européenne ePrivacy

Les éditeurs de presse européens sont inquiets pour l’avenir de leur modèle économique sur la Toile. Ils demandent la révision du projet nommé ePrivacy de la Commission européenne qui permettrait à chaque internaute d’accepter ou de refuser, en bloc, les « cookies » qui récupèrent en permanence, bon nombre de nos données personnelles.

Rien avoir avec la pâtisserie, évidemment, les « cookies » sont ces petits fichiers invisibles et anonymes, qui permettent aux administrateurs des sites web d’identifier, d’une visite à l’autre, les préférences de surf d’un internaute ou encore d’effectuer la mesure d’audience d’un site. Ces « traceurs » de navigation sur la Toile, qui cartographient vos centres d’intérêt, fournissent aux régies publicitaires, des informations pour proposer des publicités ciblées. Le web européen ferait une indigestion de ces « cookies » qui représentent une menace pour la vie privée des internautes, estime l’Union européenne (UE).

33 quotidiens européens protestent contre la réforme d’ePrivacy

L’UE veut donc réformer le dispositif ePrivacy. Les internautes auront le choix d’accepter, ou non, les « cookies » de façon globale et, non plus, site par site, comme c’est le cas aujourd’hui; une réforme qui n’enchante guère les éditeurs de presse européens. Dans une lettre adressée au Parlement et au Conseil de l’UE, 33 quotidiens protestent contre cette mesure. En France, Le Monde, Le Figaro, Les Echos, Libération, Le Parisien, La Croix, L’Equipe et L’Humanité jugent que cette nouvelle version du dispositif ePrivacy leur couperait les vivres ; une réglementation qui risque de casser la dynamique d’une presse en ligne de qualité, selon Denis Bouchez, directeur du Syndicat de la Presse Quotidienne Nationale (SPQN).

Télécoms, services en ligne, boutiquiers du net et publicitaires mécontents

Mais les éditeurs de presse ne seront pas les seules victimes du changement de règlement car ces règles, qui s’appliqueront en mai 2018, concerneront autant les acteurs des télécoms que les services en ligne, comme WhatsApp, Skype ou encore Gmail. Les boutiquiers du net et les publicitaires sont mécontents et exigent plus de souplesse concernant le stockage et la commercialisation de nos données privées. Les sociétés civiles qui militent pour la protection de nos informations numériques dénoncent, elles, « la concentration des données des citoyens au profit des multinationales ». Ce sont ces deux visions contraires d’un internet commun que les instances européennes vont décidément avoir bien du mal à concilier.

Source: RFI

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