La France rappelle son ambassadeur en Italie après des « déclarations outrancières »

Le ministère de l’Intérieur a annoncé jeudi avoir rappelé l’ambassadeur de France en Italie « pour consultations ». La France dénonce une série de « déclarations outrancières », « d’attaques sans fondement » et sans « précédent » de responsables italiens.
« Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable ». Jeudi, le ministère des Affaires étrangères a annoncé rappeler l’ambassadeur de France en Italie, suite à plusieurs attaques de responsables italiens. « Cela n’a pas de précédent, depuis la fin de la guerre (…) Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable », a déclaré Agnès von der Mühll, porte parole du quai d’Orsay.

« La France a fait, depuis plusieurs mois, l’objet d’accusations répétées, d’attaques sans fondement, de déclarations outrancières que chacun connaît et peut avoir à l’esprit », peut-on lire dans le communiqué du ministère.

Luigi Di maio rencontre des gilets jaunes
La rencontre mardi en France du vice-président du conseil italien Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), avec des gilets jaunes a fait déborder le vase. il a annoncé sur les réseaux sociaux avoir rencontré des responsables des gilets jaunes, en concluant: « Le vent du changement a franchi les Alpes. Je répète: le vent du changement a franchi les Alpes ».

Dernièrement, l’Italie s’est fortement attaqué à la France, notamment au sujet du Franc CFA, parlant de « taxe coloniale ». Le franc CFA est la monnaie de plusieurs pays africains et les associe à l’euro. La polémique a débuté avec Luigi Di Maio, accusant l’Hexagone d’appauvrir l’Afrique et d’être à l’origine du drame des migrants en Méditerranée. Vient ensuite le tour de l’autre vice-président, Matteo Salvini, qui a jugé que les intérêts énergétiques de Paris sont en conflit ouvert avec ceux de son pays.

Un coup médiatique avant les élections européennes?
Matteo Salvini, patron de la Ligue et homme fort du gouvernement italien, a dit espérer que le peuple français se libère bientôt d’un « très mauvais président », des propos totalement inédits entre responsables de pays fondateurs de l’UE. « Avoir des désaccords est une chose, instrumentaliser la relation à des fins électorales en est une autre », a poursuivi la porte-parole.

Matteo Salvini tente d’organiser un front européen de l’extrême droite contre les pro-européens incarnés notamment par le chef de l’Etat français en vue du scrutin du 26 mai. « La campagne pour les élections européennes ne saurait justifier le manque de respect de chaque peuple ou de sa démocratie », a souligné Agnès von der Mühll.

« Tous ces actes créent une situation grave qui interroge sur les intentions du gouvernement italien vis-à-vis de sa relation avec la France », a-t-elle insisté.

Source: BFMTV

Please follow and like us:
error

Pin It on Pinterest