La Bolivie mobilisée contre les incendies, mais la logistique ne suit pas

L’Amazonie continue de brûler, notamment en Bolivie, où la situation dans la Chiquitania ne semble pas s’améliorer. Plus de deux millions d’hectares sont déjà partis en fumée dans le pays. Pourtant tout le pays se mobilise, et plus encore, des forces du monde entier viennent aider les volontaires sur place. Mais la logistique n’est tout à fait rodée, et les enjeux politiques se précisent.

Les gens qui luttent actuellement contre les incendies sont d’abord les volontaires boliviens qui viennent de tout le pays pour venir aider à éteindre les feux. Et si tous sont pleins de bonne volonté, certains ne sont pas formés. Et combattre les flammes ce n’est pas anodin, deux volontaires sont déjà morts au feu.

Les forces armées boliviennes, parfois des recrues du service militaire, qui n’ont pas beaucoup plus d’expérience que les volontaires sont également présentes. Mais il y a aussi les pompiers forestiers du pays. Et on compte maintenant les forces étrangères parmi lesquelles des pompiers argentins, péruviens, et depuis dix jours une quarantaine de militaires français spécialisés en feux de forêt.

Problème de coordination

Le problème est la coordination entre tous ces professionnels. Il faut choisir ensemble les zones de travail. Il faut trouver des véhicules, mais aussi de l’essence ; savoir comment évoluent des feux parfois très éloignés. Et il faut tout simplement pouvoir communiquer. Un exemple : les militaires français sont sous mandat européen, et certains fonctionnaires de l’Union européenne rencontrés sur place ne parlent ni espagnol, ni français.

Il y a également des pilotes d’avions bombardiers d’eau qui se plaignent de ne pas être en contact avec les forces au sol. Or, il ne suffit pas d’arroser les zones qui brûlent, il faut ensuite des personnes qui ratissent afin de véritablement éteindre le feu. S’il y a les professionnels et l’envie de travailler, l’organisation n’est cependant pas optimale.

Les élections présidentielles à l’horizon

À tout cela, s’ajoute un enjeu politique. Les élections présidentielles vont avoir lieu dans un peu plus d’un mois, et ces incendies vont y jouer un rôle, c’est certain. On reproche à Evo Morales d’avoir permis aux agriculteurs d’utiliser le feu pour défricher, ce qui est à l’origine de la catastrophe actuelle. Et aujourd’hui, ces mêmes agriculteurs demandent que soit levée la « pause environnementale » qui les empêche de cultiver pour le moment à cause des incendies.

Le président, candidat à sa propre réélection, apparaît beaucoup dans les médias, se mettant en scène en pompier d’un jour. Il espère peut-être ainsi être élu pour un quatrième mandat.

Source: RFI

Please follow and like us:
error

Pin It on Pinterest