Italie: le controversé décret-loi immigration-sécurité adopté au Parlement

Ce 29 novembre, le Parlement italien a adopté le décret-loi controversé du gouvernement Di Maio sur l’immigration et la sécurité. Les députés ont voté pour à 80%, mais 14 députés du Mouvement 5 étoiles n’ont pas pris part au scrutin. Le texte, qui restreint le droit de séjour et facilite les expulsions des migrants, inclut de nombreuses mesures sécuritaires.

Fini le permis de séjour humanitaire de deux ans avec accès à l’emploi et aux services sociaux pour les migrants en Italie. Il sera remplacé par des titres de séjour plus courts pour catastrophe naturelle dans le pays d’origine, problème de santé ou encore exploitation. La liste des « pays sûrs » va de plus être révisée pour accélérer le traitement des demandes d’asile.

La durée légale de détention des migrants va par ailleurs doubler. Ils seront regroupés dans des centres d’accueil plus grands et moins nombreux par souci d’économie. Pour l’opposition, tout le maillage territorial du système d’accueil se retrouve démonté et va renvoyer de nombreux migrants à la clandestinité. Dominé par la question de l’immigration, ce décret-loi a une portée plus large, avec un volet sécurité.

Le texte élargit l’usage de la matraque électrique aux polices municipales, facilite l’évacuation de bâtiments occupés et renforce les sanctions contre les rassemblements non autorisés. Ce décret-loi est le premier qui porte clairement l’empreinte de la Ligue. Malgré la dissension de certains députés du Mouvement 5 étoiles, il a été adopté dans une ambiance euphorique sur les bancs du parti de Matteo Salvini, lui-même présent au moment du vote.

Inquiétudes

Mais ce nouveau décret-loi inquiète plus que jamais l’Association nationale des communes italiennes car « il efface d’un trait l’accueil à petite échelle, qui était l’unique voie pour éviter des tensions sociales ». Désormais, la plupart des demandeurs d’asile adultes seront parqués dans de grandes structures anonymes, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir.

Pour leur part les organismes catholiques critiquent particulièrement l’abolition des permis de séjour humanitaire. Dorénavant, parmi les migrants non éligibles au statut de réfugié, seuls certains pourront exceptionnellement obtenir un titre de séjour de six à douze mois.

D’après la confédération d’organisations catholiques Caritas, « c’est un pas en arrière qui multipliera le nombre de clandestins ». Un avis partagé par les partis de gauche qui jugent le décret-loi Salvini « incompatible avec la Constitution italienne ». Plusieurs manifestations se tiendront samedi, dans tout le pays, pour lancer un appel au président de la République, afin qu’il ne signe pas tel quel le texte de loi.

Source: RFI

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