Israël: une trouvaille technologique pour prévenir les attaques terroristes

Repérer les auteurs potentiels d’attentats, avant qu’ils ne passent à l’acte, les services de sécurité israéliens pensent que c’est possible. Et ils misent sur une nouvelle technologie dont le champ d’action se situe sur les réseaux sociaux.

Nous sommes en octobre 2015. C’est le début d’un nouvel épisode du conflit israélo-palestinien ; les attaques au couteau et à la voiture bélier. Une nouvelle forme d’intifada. Les services de sécurité, notamment le Shin Bet, l’équivalent israélien de la DGSI française, parlent « d’intifada des loups solitaires ». Et visiblement, les outils traditionnels du renseignement ne fonctionnent plus. Les responsables de la sécurité ont beau renforcer leur dispositif sur le terrain, rien n’y fait. Cela marque le point de départ d’une nouvelle approche : le profilage des terroristes potentiels sur les réseaux sociaux.

Des méthodes encore secrètes

Très vite, les spécialistes du Shin Bet se rendent compte que dans de très nombreux cas, des signes avant-coureurs du passage à l’acte apparaissent sur Facebook par exemple. Une surveillance des réseaux sociaux, automatisée en grande partie, est mise en place par les services de sécurité intérieure israéliens. Et les résultats ne se font pas attendre ; 2 000 internautes palestiniens, considérés comme des auteurs d’attaques potentiels, sont vérifiés et mis en garde. Mais plus de 400 Palestiniens ont été incarcérés au cours de l’année écoulée pour danger clair et imminent d’attaque terroriste, selon des données fournies par Nadav Argaman, le chef du Shin Bet en personne.

Alors que les Israéliens se montrent très discrets sur les méthodes qui sont utilisées, on sait que ce sont des algorithmes développés qui prennent en compte de nombreux facteurs repérés auprès des auteurs d’attaques dans le passé. Notamment un très net regain d’activité sur la Toile les nuits qui précèdent le passage à l’acte. La situation familiale est également scrutée. On remarque aussi la publication de sortes de testaments virtuels. Et des exemples concrets ont été donnés de Palestiniens interceptés sur le point de commettre un attentat. Pour preuve, le Shin Bet indique que dans certains cas, on a trouvé un couteau dans leur sac.

Shai Gilboa, le président de Faception, affirme qu’à l’aide des méthodes développées par sa startup, neuf des onze assaillants des attentats de Paris en novembre 2015 auraient pu être repérés avant le passage à l’acte.

Les ultra-nationalistes israéliens également visés

Certaines de ces méthodes sont décriées, car il y a atteinte visible à la vie privée, mais pour les Israéliens, ce qui compte c’est le résultat. Et on peut parler d’une très nette accalmie sur le terrain, comme on l’a vu le mois dernier avec la proclamation de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump. Le fait que ce sont surtout des Palestiniens qui sont visés par ces méthodes est à la base du manque de réaction notamment des ONG israéliennes. Mais la sécurité intérieure israélienne commence à utiliser ces mêmes méthodes à l’encontre d’ultra-nationalistes israéliens cette fois. Et cela, c’est tout nouveau.

Source: RFI

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