Irlande du Nord: des députés britanniques votent l’IVG et le mariage pour tous

Les députés britanniques ont voté mardi 9 juillet des amendements pour étendre le droit à l’avortement et au mariage entre personnes du même sexe en Irlande du Nord. Ils profitent de l’absence actuelle de gouvernement local.

Si la chambre des Lords – deuxième chambre du Parlement britannique – suit celle des Communes et qu’aucun exécutif n’est formé d’ici 21 octobre en Irlande du Nord, l’avortement et le mariage pour les LGBT+ y deviendront légaux, grâce aux amendements déposés par des députés travaillistes britanniques et adoptés dans la foulée mardi.

En l’absence de gouvernement local depuis janvier 2017 – les deux principales formations ne parviennent pas à trouver d’accord –, les affaires courantes de l’Irlande du Nord sont en effet gérées par l’Angleterre.
Les Britanniques jettent ainsi un défi aux partis nord-irlandais dont le principal, DUP, est fermement opposé à toute avancée sur ces questions. Alors que l’avortement est autorisé depuis 1967 dans le reste du Royaume-Uni, il est passible de prison à vie dans la province britannique, en vertu d’une loi de 1861. Le mariage pour tous y est également interdit.
Pression sur les partis locaux

Le vote des députés britanniques peut être interprété « comme un moyen de pression pour encourager les partis nord-irlandais à trouver un accord et à reprendre leurs activités », estime Christophe Gilissen, professeur d’études irlandaises à l’Université de Caen Normandie.

Mais pas seulement. Il existe une réelle volonté des travaillistes, et de la Chambre des Communes en général, de faire progresser la justice sociale sur ces dossiers. « Les deux députés travaillistes qui ont porté ces projets de loi sont connus pour leur engagement en la matière », rappelle l’enseignant. En juin 2017 déjà, la Cour suprême britannique avait estimé que l’interdiction de l’IVG en Irlande du Nord était contraire aux droits de l’homme, sans toutefois se prononcer sur sa légalité en raison de questions de procédure.

« Un pas en avant bienvenu ».
Si le gouvernement conservateur de Theresa May avait estimé que le sujet devait être réglé localement, de nombreux élus du Parlement londonien se montrent de plus en plus impatients, y compris dans les rangs de la droite. La secrétaire d’État au ministère des Femmes et de l’Égalité, la tory Penny Mordaunt, a salué « un pas en avant bienvenu ».
Les élus anglais sont confortés par un rapport des Nations unies qui, souligne Christophe Gilissen, « a condamné l’État actuel de la législation en Irlande du Nord comme étant contraire au droit des femmes ».

Source: RFI

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