Guerre au Yémen: Amnesty réclame un embargo sur les ventes d’armes

Amnesty International dénonce les ventes d’armes françaises à la coalition arabe en guerre au Yémen depuis deux ans. L’organisation de défense des droits de l’homme appelle à un embargo sur les ventes d’armes aux belligérants et interpelle les dirigeants français.

L’image est forte. A quelques centaines de mètres de la Tour Eiffel, huit fausses pierres tombales portant l’inscription « les civils ne sont pas des cibles » sont posées au milieu du Champ-de-Mars, tandis que des membres d’Amnesty International tiennent une banderole noire sur laquelle on peut lire : « Conflit au Yémen : la France complice ».

Les ventes d’armes françaises ont fortement augmenté en 2016, jusqu’à atteindre 20 milliards d’euros, selon les chiffres officiels. Parmi les plus gros clients, l’Arabie saoudite et les autres pays de la coalition arabe qui frappent au Yémen depuis deux ans contre la rébellion houthie.

« La France n’arrête pas de communiquer sur ses exportations pour s’en féliciter. L’envers du décor ne suscite aucun débat, aucune question, déplore Aymeric Elluin, d’Amnesty International. Et le Yémen est pour nous exemplaire. Dans le cas de ce conflit oublié, des grandes puissances comme la France continuent a priori à exporter des armes. Que fait-on pour arrêter ça ? On ne va pas continuer à dire toutes les quatre semaines que c’est une honte d’avoir bombardé tel hôpital ou telle école. Ça suffit. Il y a une forme de complicité finalement. »

Le sujet est sensible, en raison de sa dimension économique, mais aussi de la proximité stratégique entre la France et les monarchies sunnites du golfe. Alors qu’elle aurait souhaité être reçue à l’Elysée pour évoquer ce dossier, Amnesty International a dû se contenter d’une réponse écrite de la présidence de la République.

La guerre au Yémen a fait depuis l’intervention de la coalition près de 7 700 morts, en majorité des civils, et plus de 42 500 blessés, selon l’ONU. « La France est partie au Traité sur le commerce des armes (TCA), elle a cependant poursuivi les transferts d’armement vers l’Arabie saoudite, pays leader de la coalition partie au conflit au Yémen », déplore Amnesty International. L’Arabie saoudite est le premier client de la France en armement sur la période 2006-2015.

Source: RFI

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