France: Carlos jugé pour l’attentat du drugstore Publicis

Plus de quarante ans après les faits, Ilich Ramirez Sanchez, dit « Carlos » va être jugé pour l’attentat du drugstore Publicis du boulevard Saint-Germain à Paris. Son procès devant les assises s’ouvre ce lundi 13 mars. Il s’en est fallu de peu pour que le terroriste ne réponde jamais devant la justice de cet attentat qui fit deux morts et 34 blessés.

La justice jamais n’oublie. Ce lundi matin, la cour d’assises de Paris va donc se plonger dans ce dossier qui relève presque de l’archéologie judiciaire : l’attentat du drugstore Publicis, un commerce qui d’ailleurs n’existe plus depuis longtemps.

Le 15 septembre 1974, une violente explosion y fait de nombreuses victimes et dans les décombres, la police découvre une pièce qui se révélera déterminante : un levier de grenade. Une grenade qui provient d’un lot unique dérobé par la bande à Baader sur une base militaire en Allemagne.

Les juges d’instruction iront jusqu’au Japon pour entendre d’anciens activistes qui accuseront Carlos. Surtout, en 1979, le terroriste confesse à un journaliste être l’auteur de l’attentat du boulevard Saint-Germain.

Arrêté en 1994 au Soudan et depuis détenu en France, Carlos a été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité pour d’autres faits.

Concernant le drugstore Publicis, il a jusqu’à présent sobrement indiqué que la personne qui a fait ça n’en voulait pas aux pauvres gens, cet attentat, a-t-il indiqué, était contre le groupe Publicis.

Parcours d’un « révolutionnaire professionnel »

Né au Vénézuela en 1949, Ilich Ramirez Sanchez doit son prénom au père de la révolution russe. Comme ses deux frères Vladimir et Lénine.

Etudiant à Moscou en 1968, Ilich Ramirez Sanchez rejoint le Front de libération de la Palestine et part en Jordanie où il gagne ses galons de « combattant » auprès des dirigeants les plus radicaux du FPLP.

Lorsque Waddih Haddad crée la branche « opérations extérieures » du groupe, Ilich prend le nom de Carlos et mène ses premières actions. Notamment l’attaque du drugstore de Saint-Germain en septembre 1974.

Mais, c’est un an plus tard que Carlos devient véritablement le symbole du terrorisme international. A la tête d’un commando, il prend en otage les ministres du Pétrole de l’Opep, à Vienne. L’opération fait trois morts. Carlos se réfugie à Alger.

Rompant avec son mentor, Ilich Ramirez Sanchez fonde son propre groupe composé d’anciens membres de l’extrême gauche. Mais à la chute du mur de Berlin, ses soutiens s’éloignent. Isolé, il trouve refuge au Soudan. C’est là qu’il est arrêté par les services français en 1994.

Converti à l’islam révolutionnaire, Ilich Ramirez Sanchez revendique 1 500 morts, dont 80 de ses propres mains. Mais il refuse toujours d’être qualifié de « terroriste ». « Je suis un combattant », proclame le Vénézuélien.

Source: RFI

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