Explosions de Dortmund: pas de lien entre le suspect islamiste et l’attentat

Après la triple explosion qui a visé le bus du Borussia Dortmund, mardi 11 avril 2017 dans la soirée, et qui a conduit à repousser le match de cette équipe de football contre l’AS Monaco de 24 heures, deux suspects ont été identifiés, présentés comme proches de la mouvance islamiste. L’un d’entre eux, interpellé mercredi, a été placé en détention, ce jeudi 13 avril, pour appartenance au groupe Etat islamique (EI) lors d’un séjour en Irak dans le passé. Mais la police allemande n’a trouvé aucun élément permettant de relier ce suspect à l’attentat commis mardi.

Le suspect placé en détention serait un Irakien âgé de 25 ans, résidant à Wuppertal, ville située dans la même région urbaine que Dortmund, la Ruhr, selon le quotidien Süddeutsche Zeitung. Il a été arrêté mercredi 12 avril 2017, dans cette localité, à une cinquantaine de kilomètres des lieux de l’attaque. Ce jeudi matin 13 avril, la police allemande n’avait trouvé aucun élément permettant de relier ce suspect à l’attentat commis mardi, mais elle l’a tout de même placé en détention pour appartenance au groupe Etat islamique (EI) lors d’un séjour en Irak dans le passé.

Prudence sur le deuxième suspect

Concernant la nature des faits, « les modalités de l’attaque permettent de penser qu’elle avait un arrière-plan terroriste », a affirmé mercredi Frauke Köhler, une juge du parquet antiterroriste allemand. Les motifs ne sont pas encore clairs. Trois documents identiques revendiquant l’opération ont été trouvés. Il en ressort qu’un arrière-plan islamiste est possible. Cette revendication est actuellement vérifiée.

Les appartements des deux suspects issus des milieux islamistes ont été perquisitionnés. Le second suspect a été laissé en liberté. Il s’agirait d’un Allemand de 28 ans, habitant à Fröndenberg. Pour le moment, la justice reste très prudente.

Le Borussia n’avait pas la tête à ça

Le journal Der Spiegel indiquait, mercredi 12 avril, que le suspect allemand était écouté par les services de renseignement. Visiblement, il y a quelques jours, il aurait prononcé cette phrase : « La bombe est prête. » Cela irait donc dans le sens de la lettre de revendication trouvée par les enquêteurs après les trois explosions de mardi. La lettre dénonçait la présence de l’Allemagne dans la coalition luttant contre le groupe EI en Irak et en Syrie. Mais les enquêteurs n’ont rien trouvé à son domicile, selon le quotidien Bild.

Si le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie est connu pour abriter une mouvance islamiste importante – il concentre beaucoup de procédures contre d’anciens jihadistes revenus d’Irak ou de Syrie -, les enquêteurs restent prudents. Le ministre de l’Intérieur de cette région de l’ouest allemand, Ralf Jäger, a déclaré mercredi que toutes les pistes restaient ouvertes. « Il peut s’agir d’extrémistes de gauche, d’extrémistes de droite, de fans violents ou d’islamistes », a-t-il martelé mercredi.

Reporté après l’attaque, le quart de finale aller de Ligue des champions entre Dortmund et Monaco a finalement eu lieu mercredi soir, sous haute protection policière. Les joueurs de l’équipe allemande, l’une des meilleures formations d’Europe, n’étaient clairement pas dans leurs meilleures dispositions pour le jouer, et ont perdu la rencontre par 3 buts à 2. L’entraîneur Thomas Tuchel a exprimé son désarroi face à la décision de l’UEFA de faire jouer ce match seulement un jour après les faits.

Source: RFI

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