Ex-combattants/Fidèle Sarassoro : « Le DDR n’a pas proposé 18 millions de FCFA… »

L’ancien directeur de l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration (Addr) des ex-combattants, Fidèle Sarassoro, a démenti le 8 juin 2017,l’information selon laquelle l’Accord politique de Ouagadougou signé en mars 2007, prévoyait 2,5 ou 18 millions de FCfa aux ex-combattants dans la crise ivoirienne.

Ex-combattants/Fidèle Sarassoro : « Le DDR n’a pas proposé 18 millions de FCFA… »

Tous les ex-combattants ont-ils été pris en compte ?

Oui, sauf ceux qui sont décédés, pas intéressés, etc. C’est ce qui nous concerne. Si je partage l’expérience à New York, je dirai qu’un programme DDR doit avoir un début et une fin. Nous avons mis six mois à communiquer avec les ex-combattants sur la date limite. Tous ceux qui ne sont pas venus sont considérés comme ceux qui ne sont pas intéressés.

Le DDR a-t-il promis 18 millions ou 2 millions aux ex-combattants ?

Non. J’invite tout le monde à revoir l’article 4 du 4ème accord complémentaire de Ouagadougou. Il stipule que « afin d’accélérer le désarmement les parties invitent le gouvernement à verser aux démobilisés une prime ou aide direct de démobilisation d’un montant de 500 milles FCFApour solde de tout compte ». J’invite à relire cet accord. Au terme d’une étude, l’Addr a proposé un filet de 800 milles FCFA pour permettre aux ex-combattants de réaliser un projet. Cela a été présenté au Conseil national de sécurité (Cns). Cette proposition a été adoptée et approuvée par tous. Validée en conseil national de sécurité, elle a été adoptée et approuvée par nos partenaires.

Est-ce que la récente mutinerie et la découverte de la cache d’arme ne relativise pas le succès de l’Addr ?

Le processus a pris fin en 2015. De 2015 à 2017, il n’y a pas eu de soubresauts. 2017, il y a soubresaut car certaines personnes ont réclamé 18 millions F. Cela n’a rien à voir avec ce que le DDR a fait. A aucun moment le DDR en Côte d’Ivoire a proposé 18 millions ou 2.5 millions. Donc tout ce qui peut venir comme revendication au-delà de ce que le DDR a proposé ou prévu est une revendication extra-DDR. Et c’est pourquoi nous la considérons comme une réclamation de civils.

Comment vous réagissez au soulèvement de ces ex-combattants ?

Nous pensons qu’ils surfent sur des revendications de militaires. Le vrai problème c’est de savoir s’ils sont de vrais ex-combattants. Ont-ils été démobilisés ? Est-ce qu’ils sont passés par le programme de réinsertion? Est-ce qu’ils ont été formés et réintégrés un métier. Si tout cela est fait, l’objectif est atteint. Le DDR est un processus qui s’inscrit dans la Réforme du secteur de la sécurité. Ce que je vais dire à New York, c’est que à chaque fois qu’il y aura DDR qu’on mette en place concomitamment et qu’on accélère le processus de la RSS pour éviter la mise en mal du DDR.

Combien d’armes sont encore dans la nature ?

Je n’ai pas d’estimation. L’Afrique de l’Ouest est une zone endémique d’armes. Avec tous les conflits que nous vivons dans la sous-région. L’essentiel c’est de mettre en place des mécanismes pour protéger la rentrée des armes et collecter les armes sur le territoire. Il a été proposé avec l’appui des partenaires de renforcer les capacités de la Comnat-Alpc pour qu’elle puisse jouer ce rôle. Nous pensons qu’il y a des armes qui circulent. Nous pensons que nous sommes en train de mettre des mécanismes pour gérer ces situations.

Quels sont les pays qui veulent bénéficier de l’expertise ivoirienne dans le domaine de l’Addr ?

Il y a plusieurs pays. Ils ont adressé des courriers au Chef de l’État, Alassane Ouattara. Au demeurant la réunion de New York répond à cette exigence-là. Car, on considère que c’est une expérience qui a réussi et qui mérite d’être partagée.

Source: Fraternité Matin

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