Éthiopie: les Tigréens mis en cause dans le pays, notamment à Addis-Abeba

En Éthiopie, les combats continuent dans la région du Tigré en l’absence de témoins indépendants. Les troupes fédérales cherchent à prendre la capitale de la région et à capturer les dirigeants du parti tigréen qui la gouverne, le TPLF. Dans les autres provinces de la fédération, et notamment dans la capitale, l’inquiétude grandit chez les Tigréens, craignant d’être arrêtés ou de faire l’objet de vengeances à caractère ethnique.

Un Tigréen d’Addis-Abeba confie qu’il veille à ne plus parler le tigrinya lorsqu’il est dans la rue. Un autre a brûlé ses papiers où est mentionnée sa nation d’origine. Nombre d’employés et de fonctionnaires tigréens ont été priés de rester chez eux. D’une manière générale, depuis le déclenchement du conflit dans le Tigré, ils se font discrets et ne sortent plus guère en ville.

Il faut dire que les Tigréens font aujourd’hui l’objet d’une attention particulière. Vendredi dernier, la Commission nationale des droits de l’homme a d’ailleurs demandé des explications à l’aviation civile. Les passagers tigréens sont en effet refoulés à l’embarquement à Addis-Abeba.

Le même jour, la police dans la région de l’Amhara a demandé au Programme alimentaire mondial la liste de ses employés tigréens, ce que l’ONU a catégoriquement refusé. Le chef de la sécurité du siège de l’Union africaine – un Tigréen – a été limogé à la demande du gouvernement éthiopien. Et six journalistes tigréens ont été arrêtés dans la semaine.

Du côté des autorités, on se veut pourtant rassurant. Sollicité sur la question, un haut diplomate éthiopien explique que le TPLF ayant gouverné le pays pendant 30 ans, ses partisans sont partout dans l’appareil d’Etat et la société civile.

« Nous n’avons pas une volonté d’ostraciser les Tigréens, mais de démanteler les réseaux clandestins du TPLF », explique-t-il.

Source: RFI

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