Etats-Unis: nul regret de la ministre limogée quant au décret immigration

Le décret Trump sur l’interdiction de visas pour les ressortissants de 6 pays musulmans était en appel lundi 8 mai. La deuxième version de ce décret est bloquée par la justice depuis mars. Des juges de Virginie ont entendu les arguments de la Maison Blanche, qui défend le décret, et ceux des associations qui l’attaquent. La décision a été mise en délibéré mais le sujet fut abordé lundi lors d’une audition au Sénat. L’ex-ministre de la justice, limogée par Donald Trump pour avoir critiqué le décret, était entendue sur un autre sujet. Les sénateurs républicains n’ont pas manqué de l’attaquer.

La ministre de la Justice a été limogée en janvier pour avoir demandé aux fonctionnaires de ne pas défendre le décret Trump sur l’immigration ; décret que Sally Yates juge inconstitutionnel. L’ex-ministre a fait l’objet de questions agressives de la part de sénateurs républicains. Ces élus l’ont accusée d’avoir manqué à son devoir le plus élémentaire : défendre la politique du président. Mais aucune de leurs questions n’a réussi à déstabiliser la juriste.

« Je me souviens de l’audition au Congrès avant ma nomination, a affirmé Sally Yates. Un échange que j’ai eu avec vous Monsieur. Vous m’avez demandé : « Si le président vous engage à agir d’une manière illégale, ou inconstitutionnelle, est-ce que je refuserais ? » J’ai lu le décret, je l’ai jugé illégal, pas en accord avec nos principes. Et j’ai dit non. C’est ce que je vous avais promis, et c’est ce que j’ai fait. »

La presse a attribué le rejet des décrets immigration en justice à la précipitation avec laquelle ils ont été rédigés. Au cours de ces échanges peu amènes entre sénateurs républicains et Sally Yates, on a aussi appris que la Maison Blanche avait demandé aux rédacteurs du texte de soigneusement cacher l’existence du décret à la ministre. La juriste n’a pas un instant regretté la décision qui lui a couté son poste.

Source: RFI

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