Etats-Unis: le plan Trump pour remplacer Obamacare en marche
Donald Trump l’avait promis durant sa campagne. Les conservateurs s’étaient battus pour cela depuis des années: la majorité républicaine au Congrès américain a donné le coup d’envoi de l’abrogation d’Obamacare. Mais le texte qui doit remplacer la grande réforme de santé de l’ancien président suscite d’ores et déjà des remous au sein même des conservateurs.
Le texte supprime deux aspects fondamentaux du système actuel : l’obligation pour chaque Américain de souscrire à une couverture de santé sera abrogée et les aides de l’Etat fédéral aux assurances vont, pour la plupart d’entre elles, disparaître. Pour aider à l’avenir les Américains à payer leur assurance de santé, ces aides seront remplacées par des crédits d’impôts, entre 2 000 et 14 000 dollars par an.
Autres changements, les entreprises ne seront plus tenues de fournir une assurance à leurs salariés et les actes médicaux du planning familial ne seront plus couverts par les systèmes d’assurance gratuite pour les plus pauvres.
En revanche, le projet conserve deux acquis majeurs de la loi de Barack Obama : les enfants peuvent rester sur l’assurance de leurs parents jusqu’à l’âge de 26 ans. Et les assureurs n’ont pas le droit de discriminer des patients en fonction de leurs antécédents médicaux. On ne devrait pas payer plus cher si l’on est diabétique ou cancéreux.
Cette proposition tant attendue par les républicains au Congrès et élaborée en lien étroit avec la Maison Blanche, suscite pourtant des polémiques au sein de cette même majorité républicaine. Les plus conservateurs s’inquiètent des coûts de l’abrogation d’Obamacare. Tandis que quatre sénateurs républicains modérés craignent qu’une partie de leurs électeurs ne se retrouvent finalement sans aucune assurance de santé.
Or, au Sénat, les républicains ne disposent que de 52 sièges contre 48 occupés par les élus démocrates. Une opposition démocrate d’ores et déjà vent debout contre une loi désormais baptisée «Trumpcare».
S’attaquer à un symbole de l’ère Obama
Le retrait d’Obamacare fut l’une des promesses emblématiques de la campagne de Donald Trump. Une promesse répétée à l’envi lors des meetings, au même titre que la construction du mur à la frontière Sud.
Et même si le texte proposé hier n’est pas budgétisé, même si de nombreux élus républicains sont sceptiques, il était urgent, pour la Maison Blanche, de tenir un engagement qui permet une communication positive, rappelle notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.
Le représentant du Texas Kevin Brady est l’un des rédacteurs de cette proposition de loi. « Voilà 7 ans, Obamacare a permis à Washington de contrôler la santé des Américains. Pendant ces 7 longues années, cette loi inepte a fait plus de mal que de bien. Avec le président Trump désormais élu, notre nouvelle loi rend le pouvoir de Washington au peuple américain. »
La philosophie du texte est simple : il faut éliminer une loi symbolique de l’ère Obama. Et permettre de concentrer l’attention des électeurs sur cette promesse tenue, plutôt que sur la polémique autour de la Russie qui empoisonne la Maison Blanche.
Source: RFI