Épidémie de dengue aux Philippines: le gouvernement refuse toujours le vaccin

Les Philippines déclarent la dengue épidémie nationale. Le ministre de la Santé, Francisco Duque, l’a annoncé lors d’une conférence de presse depuis le Camp Aguinaldo, le quartier général des forces armées philippines. Depuis mi-janvier, plus de 146 000 Philippins ont contracté le virus, selon les autorités, soit deux fois plus qu’à la même période en 2018. 622 en sont morts. Mais le gouvernement de Rodrigo Duterte refuse pour l’instant de réintroduire dans le pays le premier vaccin mondial contre la dengue, développée il y a trois ans.

Ce premier vaccin mondial contre la dengue, c’est le Dengvaxia. Pour comprendre pourquoi le gouvernement philippin n’en veut plus, il faut remonter plusieurs années en arrière. Sanofi, le géant pharmaceutique français qui développe le vaccin, souhaitait à l’époque le commercialiser. En 2015, le groupe décroche son premier contrat avec les Philippines.

Manille donne son feu vert à une campagne massive de vaccination publique. En quelques mois, 800 000 Philippins reçoivent une injection. Mais très vite, des morts suspectes attirent l’attention des autorités philippines.

Dans le même temps, Sanofi explique que vacciner des personnes qui n’ont jamais été contaminées par la dengue pourrait augmenter le risque de maladie. Concrètement, le vaccin Dengvaxia se retournerait contre les Philippins non contaminés. Manille a attaqué plusieurs responsables de Sanofi en justice. Le vaccin, lui, est depuis homologué dans une vingtaine de pays.

Malgré l’épidémie qui sévit aujourd’hui, surtout dans le centre du pays, les autorités ne veulent pas réintroduire le vaccin de façon précipitée. Les Philippines ne ferment donc pas complètement la porte au Dengvaxia. Le ministre de la Santé Francisco Duque a dit envisager son retour sur le marché national, mais de manière contrôlée.

Source: RFI

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