En Tanzanie, les homosexuels vivent dans l’angoisse

L’inquiétude des homosexuels en Tanzanie après l’appel à la délation lancé par le gouverneur de Dar es Salaam, un des principaux alliés du président Magufuli. Paul Makonda a appelé ses concitoyens à dénoncer les homosexuels aux forces de l’ordre en vue de leur arrestation. L’homosexualité est illégale en Tanzanie, avec des peines de prison allant jusqu’à la perpétuité.
Un vent de panique souffle sur la communauté homosexuelle après l’appel à la délation lancé par le gouverneur Paul Makonda. Et sur les réseaux sociaux, des vidéos circulent montrant des personnes prises à partie juste sur simple allégation.

John, 25 ans, accepte de témoigner, mais il a très peur : « Actuellement, je vis avec mon petit ami sous le même toit. Nous ne savons pas si nos voisins nous suspectent ou pas. Parfois, on quitte très tôt le matin et on rentre le soir après minuit, comme ça ils ne nous voient pas. »

La politique tanzanienne de stigmatisation n’est hélas pas nouvelle. L’an dernier, le gouvernement a interdit à la vente les lubrifiants corporels et contraint les ONG aidant les malades du sida à ne plus distribuer de préservatifs. A Zanzibar, en septembre 2017, une douzaine de jeunes filles et huit garçons, qui suivaient un atelier sur le VIH, avaient été arrêtés, accusés d’homosexualité.

Une situation intenable pour John : « On a la trouille. Parce que quand la police t’attrape, ils te frappent d’abord et, l’an dernier, un de mes amis a été arrêté et quand ils l’ont attrapé, ils l’ont violé avant de l’envoyer en prison. Ce n’est vraiment pas bon. On souffre ici et on ne sait pas à qui se confier. »

Visiblement embarrassées, les institutions internationales et les diplomates en poste sont jusqu’à présent restés très discrets sur cet appel à la délation des minorités sexuelles.

Source: RFI

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