Élections locales à Hong Kong: victoire écrasante des pro-démocratie

La cheffe de l’exécutif Carrie Lam a d’ores et déjà déclaré que son gouvernement souhaitait « écouter humblement » la population. Les organisateurs de la contestation avaient fait de ce scrutin un référendum, largement remporté par les pro-démocratie. Pékin affirme cependant soutenir « résolument » Carrie Lam.

Le dépouillement était toujours en cours ce lundi matin, mais les résultats partiels sont sans appel. Alors que les 18 conseils de district ont toujours été dominés par des élus favorables à l’exécutif aligné sur Pékin, les candidats pro-démocratie semblaient cette fois s’acheminer vers une large victoire leur permettant de s’emparer de la majorité. Selon notre envoyé spécial à Hong Kong, Stéphane Lagarde, ils devraient remporter les deux tiers des sièges en jeu.

C’est donc un camouflet pour les candidats pro-gouvernement et un message clair envoyé à Pékin : nous soutenons la contestation, semble dire la population par ce vote massif en faveur des candidats pro-démocratie.

Participation record

Les élections du 24 novembre ont vu un taux de participation record, de 71%, (contre 47% lors du même scrutin en 2015). Selon des médias hongkongais, sur les 452 sièges qui étaient à pourvoir, les candidats pro-démocratie ont remporté 388 sièges, soit un gain exceptionnel de 263 sièges par rapport au précédent scrutin en 2015. Les candidats pro-Pékin ne conservent que 59 sièges et cinq reviennent à des candidats indépendants. Autre aspect important de ce scrutin, souligne notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy, il va offrir à l’opposition 117 voix de plus au comité électoral qui choisit le chef de l’executif où le camp pro-démocratie qui dispose déjà d’environ 350 voix. Alors que le chef de l’exécutif doit obtenir un minimum de 600 voix, avec près de 500 voix, le camp pro-démocratie s’en approche doucement.

Depuis juin et cette contestation sans précédent dans l’ancienne colonie britannique depuis la rétrocession à la Chine en 1997, les manifestants réclament plus d’ouverture aux autorités locales.

Le gouvernement « écoutera humblement »

La cheffe de l’exécutif hongkongais a déjà réagi. « Le gouvernement écoutera certainement humblement les opinions des citoyens et y réfléchira de manière sérieuse », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

De son côté, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Li, a rappelé que le territoire semi-autonome « [faisait] partie de la Chine dont il est une région administrative spéciale », quel que soit le résultat des élections de dimanche.

Scènes de liesse

Cette nuit à Hong Kong, on a pu voir des scènes de liesse comme il n’y en avait pas eu depuis des mois. Des cris de joie et même du champagne dans une circonscription des Nouveaux territoires sur la presqu’île qui relie la région administrative spéciale au continent, où un conseiller pro Pékin Junius Ho, honni par les manifestants, a perdu son siège.

Habituellement, ces élections de district ne passionnent guère les Hongkongais. Mais cette fois, la mouvance pro-démocratie entendait bien utiuliser les urnes pour accroître la pression sur les autorités. Au lendemain du vote, le pari semble donc réussi. Les résultats vont bien sûr être étudiés à la loupe par les autorités chinoises, même si, selon Philippe Le Corre, chercheur à l’université de Harvard, publiquement Pékin va minimiser les résultats.

Nous attendons maintenant une réponse des institutions, sinon ces résultats risquent de provoquer une énorme frustration, confiait ce lundi matin un député du camp pro-démocrate, rappelant les cinq demandes des protestataires, dont une enquête indépendante sur les violences policières et le suffrage universel. L’opposition s’est donc réveillée avec le sourire ce matin à Hong Kong, mais il pourrait vite se figer.

Source: RFI

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