Doua Blondé (SG du Sytaci) : « La situation du cacao est préoccupante »

La filière café-cacao est depuis plusieurs mois confronté à des difficultés. Remous liés à la commercialisation du cacao, à la chute du prix CAF, aux menaces de grève des producteurs. Face à cette situation qui préoccupe le monde agricole, le syndicat des travailleurs agricoles de Côte d’Ivoire (SYTACI) n’entend pas se taire. C’est dans cette optique que le secrétaire général de ce syndicat, Doua Blondé Obed, a animé une conférence presse, le jeudi 16 mars dernier, à Man, dans l’ouest du pays. Il a dressé le tableau noir de la situation du cacao en Côte d’Ivoire. « Aujourd’hui la situation du cacao est préoccupante. Nous assistons à une chute des prix du cacao sur le terrain. A cela s’ajoute les retards accusés dans sa commercialisation dans les différents ports. A l’ouest de la Côte d’Ivoire, c’est plus qu’un désagrément pour les producteurs», a affirmé Doua Blondé Obed Selon lui, le non-respect des prix du cacao est dû à la situation qui prévaut dans les différents ports. Ce qui ouvre la porte aux acheteurs véreux qui en profitent à souhait. « Aujourd’hui, le cacao est acheté à vils prix sur le terrain et la faute n’incombe pas aux producteurs, mais plutôt à la situation qui prévaut. Ces acheteurs véreux qui ont du cash profitent de la situation de blocage au port pour pousser les producteurs à vendre à bas prix. Ceux-ci se trouvant dans le besoin n’ont que le choix d’accepter cette situation, même si elle n’est pas règlementée. Ce sont donc les financiers qui déterminent le prix sur le terrain et non le conseil café-cacao », a-t-il déploré. Poursuivant, Doua Obed a salué les efforts du conseil café-cacao avant d’appeler celui-ci à mieux s’investir dans la fixation et l’application des prix sur le terrain. Selon lui, cela pourra permettre aux producteurs de vivre de leur récolte. « Il faut que le conseil café-cacao s’implique dans le contrôle et le respect des prix. Le cash a pris le dessus sur le terrain. L’Etat ne ressent pas parce que les taxes et autres droits sont payés. Ceux qui en souffrent sont les producteurs. C’est pourquoi le conseil café-cacao doit s’impliquer dans cette situation. Car il y va de la survie des producteurs », renchérit le SG de SYTACI. Avant d’inviter le ministre de l’agriculture à initier des concertations nationales autour du café-cacao et professionnaliser le secteur. Ce qui permettra la prise en compte des préoccupations des producteurs. Pour ce qui est de la grève, le SYTACI s’est dit totalement opposé. « Nous ne participerons à une quelconque grève. Même si nous privilégions le dialogue, nous lançons un cri de cœur à l’Etat qui devra trouver une solution à cette situation qui affecte terriblement les producteurs », a dit Doua Blondé Abed.

Privat Giresse
(District des montagnes)

Source: Notre Voie

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