Critiques américaines: Téhéran dénonce une «obsession pathologique»

L’escalade rhétorique entre les Etats-Unis et l’Iran s’est poursuivie ce week-end durant la conférence sur la sécurité de Munich. Après les déclarations très dures de Washington contre Téhéran demandant par ailleurs aux Européens de sortir du traité sur le nucléaire iranien, c’est le ministre des Affaires étrangères iranien qui a réagi ce dimanche, avec des mots tout aussi durs.

Une « obsession pathologique ». Le ministre des Affaires étrangères iranien n’a pas mâché ses mots pour évoquer les critiques frontales des Etats-Unis contre son pays.

Mohammad Javad Zarif a dénoncé les propos « haineux », « ignorants » et « ridicules » du vice-président américain qui a accusé Téhéran de préparer un nouvel holocauste et de chercher à se doter de l’arme nucléaire. Des propos tenus à deux reprises cette semaine devant des responsables étrangers à Varsovie puis hier à Munich.

Mohammad Javad Zarif a aussi dénoncé la demande de Mike Pence faite aux Européens de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien : « Monsieur Pence a répété cette farce ici hier [samedi] en demandant avec arrogance aux Européens de soutenir les Etats-Unis et quitter le traité sur le nucléaire iranien. En clair, l’Europe doit porter atteinte à sa propre sécurité et abandonner ses obligations. L’Europe doit se mouiller pour s’imposer contre le dangereux unilatéralisme des Etats-Unis. »

Rejet des Européens

Les Européens ont rejeté les appels de Mike Pence à sortir de l’accord sur le nucléaire, négocié sous l’administration de Barack Obama, estimant, à l’inverse de Washington, que Téhéran respecte son engagement à ne pas développer d’arme nucléaire.

Les Européens ont mis en place le mécanisme d’échanges commerciaux Instex pour contourner les sanctions américaines contre des entreprises poursuivant leurs activités en Iran. Mohammad Javad Zarif a jugé ce mécanisme insuffisant.

Trois jours de débat sans réelles avancées

Une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement, plusieurs dizaines de ministres, de nombreux experts et observateurs, tout le gratin de la politique internationale s’est retrouvé pendant trois jours pour cette traditionnelle conférence sur la sécurité de Münich en Allemagne. Alors que le monde apparait de plus en plus divisé, on ne peut pas dire que cette réunion ait permis d’y voir plus clair ou de faire naître de vifs espoirs.

« Le grand puzzle : qui va ramasser les morceaux ? ». La question formulée dans le rapport de la conférence sur la sécurité sur l’état d’un monde de plus en plus fragmenté n’a pas trouvé de réponse après trois jours de débat. Les boites de puzzle distribuées aux journalistes n’auront pas non plus permis d’y voir plus clair.

Angela Merkel saluée par des standings ovations a livré un vibrant plaidoyer pour le multilatéralisme. Un multilatéralisme mis à mal par le manque de confiance, le refus du compromis et la défense d’intérêts nationaux. Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a d’ailleurs ironisé sur un multilatéralisme rassemblant des Etats aux intérêts communs sur un sujet particulier.

Si les joutes rhétoriques entre Moscou et Washington ou entre les Etats-Unis et l’Iran n’ont pas vraiment surpris, la conférence de Munich a illustré de façon éclatante les divergences entre l’administration Trump et l’Europe. Washington veut plus d’argent pour la défense et l’OTAN, demande une sortie des Européens du traité sur le nucléaire iranien, critique leur dépendance par rapport au gaz russe.

Les intéressés ont exprimé leur incompréhension face au souhait des Etats-Unis de quitter au plus vite la Syrie. Angela Merkel a qualifié « d’effrayant » le fait que Washington considère que les voitures allemandes mettaient la sécurité nationale des Etats-Unis en cause.

Source: RFI

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