Crise économique au Zimbabwe: l’opposition manifeste ce vendredi

Alors que l’économie zimbabwéenne est en pleine déliquescence, le pays se prépare à de nouvelles grandes manifestations de l’opposition à partir de ce vendredi 16 août. Le Mouvement pour un changement démocratique de Nelson Chamisa a appelé ses soutiens à descendre dans la rue pour protester contre une situation économique dramatique et réclamer, entre autres, des emplois, des soins médicaux ou encore la fin des pénuries d’essence, d’électricité et d’argent liquide. Le gouvernement d’Emmerson Mnangagwa a déjà prévenu que les forces de sécurité interviendraient en cas de violences. En janvier, une grève générale avait été sévèrement réprimée par le régime, faisant au moins 12 morts.

Le ras-le-bol est total au Zimbabwe, où la crise économique rend la vie presque impossible. « La monnaie ne fait que se dévaluer, dénonce Daniel Molokele, député du parti d’opposition MDC. Les prix des produits de premières nécessité s’envolent. Les transports deviennent trop chers. Le chômage est partout. Et ceux qui travaillent reçoivent un salaire qui ne vaut rien. »
Sans compter les coupures de courant, qui durent 18 heures par jour depuis mai. L’opposition demande des réformes au gouvernement d’Emmerson Mnangagwa. « On appelle à un dialogue national, à une autorité démocratique de transition et à des élections justes et libres », lance le député d’opposition.

Les deux bains de sang lors des manifestations précédentes sont encore dans les mémoires. La marche est officiellement pacifique. « Nous savons que la Zanu-PF essaie de faire passer cette marche pour violente, confie Daniel Molokele. Et nous espérons qu’ils ne vont pas lâcher l’armée et la police dans les rues pour nous arrêter et nous empêcher d’exercer nos droits. »
De son côté, le pouvoir se montre intraitable. « Des terroristes se cachent derrière les organisateurs », assurent les autorités zimbabwéennes. La répression a d’ailleurs déjà commencé. Six des organisateurs ont été molestés par des hommes inconnus à leur domicile ce mercredi 14 août.

Une économie déliquescente
Pour comprendre la mobilisation de l’opposition, il suffiser regarder une série de chiffres terrifiants, qui en dit long sur le naufrage économique du Zimbabwe. Début août, le gouvernement annonçait une nouvelle augmentation de 26 % du prix du pétrole, qui a été multipliée par quatre depuis le juin. Les pénuries sont sévères, encore aggravées par les longues coupures d’électricité, qui forcent les commerces à recourir à des générateurs.

Il y a deux mois, l’inflation atteignait dans le pays un pic record de 175,7%. Le gouvernement a depuis décidé de suspendre la publication des chiffres de l’inflation annuelle, en attendant la stabilisation du RTGS, une nouvelle valeur monétaire introduite en début d’année.

Mais ces mesures laissent les économistes perplexes et sont loin de soulager le calvaire quotidien des Zimbabwéens. Pour ne rien arranger, le passage du cyclone Idai juste après une période de sécheresse a mis à mal les récoltes. Résultat, la famine menace aujourd’hui des millions de Zimbabwéens, selon les Nations unies.

Un an après son élection contestée à la tête du pays, Emmerson Mnangagwa continue quant à lui de défendre des « réformes douloureuses mais nécessaires ». Mais ses promesses répétées de « transformation économique » ont bien du mal à convaincre.

Source: RFI

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