Côte d’Ivoire : Ouattara face à l’équation de la tension sociale

La Côte d’Ivoire vit une succession de grognes depuis le début de cette année. A peine les mutins « revenus à la raison », les fonctionnaires décident de donner de la voix.

Depuis, le gouvernement mène des négociations interminables avec les agents du secteur public autour de plusieurs années d’arriérés de salaires impayés. Au moment où le pouvoir appelle à la reprise, les syndicalistes posent leurs conditions et le bras de fer se poursuit.

La tension sociale à laquelle fait face le pouvoir exécutif en Côte d’Ivoire est manifestement loin de son épilogue. Après les mouvements d’humeur de plusieurs unités de l’armée ivoirienne en janvier et février derniers, le régime du président Alassane Ouattara fait actuellement face à la grève des agents de la fonction publique.

Après l’expiration de la trêve d’un mois accordée au gouvernement, le paiement des 240 milliards de primes à quelques 140 000 fonctionnaires traîne à être une réalité. Avec la menace de débrayage brandie par les travailleurs ivoiriens, le ministre de la fonction publique et les représentants de la plateforme nationale des syndicats des organisations professionnelles du secteur public se sont rencontrés à Abidjan ce mardi 07 mars 2017.

Mais lors de la rencontre conduite par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, rien n’a été dit au sujet des arriérés. Le comité de dialogue mis sur pieds a la responsabilité d’aborder cette question.

Pendant que le gouvernement appelle à une trêve sociale, les syndicalistes exigent du pouvoir un geste de bonne volonté avant le report de leur projet de débrayage. A moins de 48 heures de l’assemblée générale décisive prévue pour ce vendredi, le gouvernement semble avoir le dos au mur.

Certes, Alassane Ouattara a dû faire des coupes sombres dans le budget pour faire taire une partie des mutins à raison de 12 millions de FCFA par soldat dont le paiement se poursuit. Mais parviendra-t-il à mobiliser le montant pharaonique dû aux fonctionnaires ? Manquer de répondre à cette obligation, ne reviendrait-il pas à jeter de l’huile sur le feu ? Le dilemme est perceptible dans le palais au bord de l’autre côté de la lagune Ebrié.

Christophe SESSOU

Source: Benin Info

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