Côte d’Ivoire : La ministre Mariatou Koné reconnait le massacre de Nahibly

La ministre Mariatou Koné a annoncé, mardi, des réparations communautaires dès juillet prochain pour les victimes des crises successives ivoiriennes. Toutefois, l’évocation de la localité de Nahibly parmi les bénéficiaires du programme gouvernemental en dit long.

Le gouvernement ivoirien a entrepris d’indemniser les victimes des crises survenues en Côte d’Ivoire. Aussi, Madame Mariatou Koné, ministre de la promotion de la Femme, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité a-t-elle annoncé le démarrage des réparations dans les zones qui ont subi les affres de la guerre. A cet effet, un fonds de 20 milliards de FCFA a été alloué pour la réalisation d’infrastructures socio-économiques de base et le financement d’Activités génératrices de revenus (AGR). Parmi les bénéficiaires de ces actions, il y a la localité de Nahibly.

En fait, au lendemain de la crise postélectorale, la communauté wê avait été attaquée par la milice dozo. Près d’un millier des pensionnaires de ce camp de déplacés avaient été massacrés. En dépit des rapports d’Amnesty international qui incriminent des chefs de guerre pro-Ouattara, aucune poursuite n’a jusque-là été engagée. « C’est comme si rien ne s’était passé ici », déplorait un haut responsable d’organisation des droits de l’homme.

Avec la prise en compte de cette localité de l’ouest ivoirien, la ministre de la Solidarité répare une injustice. Aussi, elle fait ce aveu implicite : « Le gouvernement accorde une grande importance à ces réparations. Elles visent à répondre aux besoins de groupe identifiés comme ayant été des victimes directes ou indirectes des crises survenues. » Avant d’expliquer ledit programme dans les détails : « Elles prennent en compte tous les aspects de la vie sociale notamment la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable, au service public, la notion de l’égalité sociale et économique. »

Ces réparations communautaires seront faites avec l’appui financier et technique du PNUD et du fonds de la CPI. Outre les localités concernés pour cette première phase, d’autres entités attendent toujours d’être indemnisées. Sauf que la situation conjoncturelle en Côte d’Ivoire rend quelque peu difficile cette option.

Source: Afrique sur 7

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